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Watten
Une bouffée de dépaysement entre Flandre et Artois

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    Histoire de Watten


    Watten est une commune paisible entre Flandre et Artois mais au riche passé.


    Les monuments


    - Le moulin de la Montagne

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    Le moulin de la Montagne

    Le moulin en pierre date de 1731 et a été construit avec des matériaux en provenance de l’ancienne abbaye, à l’emplacement d’un moulin en bois. Des visites guidées du moulin de Watten sont organisées chaque dimanche de juin à septembre par l’association des Amis du Vieux Watten et de sa Région.

    Construit sur les vestiges des fortifications non-recouvertes, le moulin fonctionna jusqu’en 1930, perdit deux ailes en 1937 lors d’une tempête et fut réutilisé en 1940 comme observatoire pour l’armée allemande.

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    Le moulin de la Montagne

    Acquis par la commune en 1985 et inscrit, il a été entièrement rénové avec la collaboration de la commune, de l’Association Régionale des Amis des Moulins et de l’Association des Amis du Vieux Watten et de sa Région.

    Une nouvelle toiture a été posée en 1987, et des ailes en 1988. Un nouveau mécanisme a été installé en 1994, permettant au moulin de moudre du grain comme autrefois.


    - L’église Saint-Gilles

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    L’église Saint-Gilles

    L’église Saint-Gilles fut fondée en 1236, suite à la décision des moines de l’abbaye Notre-Dame du Mont d’accueillir les paroissiens dans une église en contre-bas du mont. En plus de la visite libre de l’église toute l’année, des visites guidées sont habituellement organisées en été.

    La tour qui date de la fin du XVe siècle est classée et a été entièrement restaurée. Le clocher-porche qui s’élève sur six niveaux est en briques de sable orné de motifs géométriques, ou runes, en brique rouge. Les linteaux, bandeaux et archivoltes sont en pierre blanche.

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    L’intérieur de l’église Saint-Gilles

    La flèche qui surmontait la tour s’est effondrée en 1800 suite à une tempête. Saint-Gilles, fêté le 1er septembre, patron des estropiés, est invoqué contre le cancer, la stérilité féminine, la folie, les convulsions, les dépressions et les peurs enfantines. L’édifice abrite encore quelques pièces du mobilier de l’abbaye.

    Les vitraux du chœur sont inscrits, et l’intérieur a été entièrement rénové en 2007.


    - La tour de l’abbaye

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    L’abbaye de Watten

    Le site classé du Mont de Watten comprend la tour de l’abbaye du XVe siècle et les murs d’enceintes, seuls vestiges de l’établissement religieux fondé au XIème siècle. L’ancienne abbaye de Watten est entourée par des fortifications en terre datant du XVIIème siècle, formant un ensemble remarquable culminant à 72 mètres d’altitude.

    Le premier établissement de chanoines réguliers en Flandre

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    Détail de la façade sud de la tour

    En 874 une chapelle dédiée à Saint-Riquier fut établie au sommet du mont de Watten. Au XIe siècle, l’ermite Alphume construisit une chaumière pour accueillir des moines autour de la chapelle. En 1072, le prêtre Olfride décida de fonder un monastère à l’emplacement de la chapelle, grâce aux dons des comtes de Flandre et à la protection de Robert Le Frison, petit-fils du roi de France qui entretint 30 chanoines augustins. C’est le premier monastère de chanoines réguliers créé en Flandre.

    Lieu de séjour favori du comte de Flandre Thierry d’Alsace, qui s’y fit inhumer en 1168, le monastère fut ruiné par de multiples conflits, pillages et incendies dus à la position stratégique du mont.

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    Façade sud de la tour

    Des jésuites anglais s’y installèrent en 1608 pour en faire un noviciat, et seront remplacés en 1763 par des lazaristes et des prêtres séculiers, entretenant la bonne réputation du collège. En 1769, l’abbaye fut rattachée à l’évêché de Saint-Omer, dont l’évêque fit fermer le collège et détruire une partie des bâtiments, sauf la tour du XVe siècle, aujourd’hui classée, et les murs de clôture. Il se construisit alors une résidence d’été et une ferme, qui existe toujours. A la Révolution le monastère fut vendu comme bien national, mais la démolition de la tour fut interdite car elle servait de repère aux navigateurs.

    Les fortifications en terre du XVIIe siècle
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    Plan des fortifications en 1644

    Le bastion du moulin est librement accessible au public toute l’année, et offre de superbes panoramas sur la plaine maritime et l’Audomarois.

    Les autres bastions ne sont pas accessibles au public, mais sont visibles de l’extérieur. Une signalétique et des panneaux pédagogiques placés le long du Sentier de la Montagne (reliant la fortification à la ville) permettent aux visiteurs de comprendre l’histoire du site et du paysage.

    Les Français venaient de reprendre Watten aux Espagnols, en vue d’attaquer Saint-Omer. L’entreprise échoua et Watten retomba dans les mains des Espagnols en juin de la même année, qui construisirent une digue de barrage dans la vallée, entre Watten et Eperlecques, et inondèrent le marais Audomarois jusqu’à Saint-Omer.

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    En 1644 Watten repasse aux mains des Français, et le jeune roi Louis XIV charge l’ingénieur Le Camus d’y établir une fortification en vue de faire passer l’hiver aux troupes. On fait venir des entrepreneurs hollandais pour construire des fortifications non-recouvertes, c’est-à-dire en terre. On creuse des fossés, des douves, ont établi des bastions, en tassant la terre sans recouvrir les talus de maçonnerie. Des petits forts protègent le barrage, l’écluse ou le deuxième moulin près de Wattendam. La fortification est conçue pour accueillir jusqu’à 10000 hommes. Elle est constituée de 5 bastions reliés entre eux par un chemin de ronde. Un chemin relie le Fort de Watten, en haut, avec le Fort du Bourg, en bas.

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    Plan du village de Watten
    Levé masse, 1728.

    Le Fort de Watten sera abandonné deux ans plus tard, car il est devenu inutile avec le déplacement de la ligne de front vers le nord. Un an après son abandon, le fort est repris par les Espagnols qui détruisent les fortifications. En 1677, les Français chassent les Espagnols de Watten et remettent à neuf les fortifications. Watten devient un an après définitivement française par le Traité de Nimègue.

    Histoire de Watten

    - Une position militaire antique

    La situation géographique de Watten a été pour elle une cause déterminante de grandeur et de prospérité. Placé à la frontière de la Flandre et de l’Artois et des départements du Nord et du Pas-de-Calais, ce « col » de la vallée de l’Aa, resserré entre deux collines couvertes de forêts, forme un passage naturel, « porte » de la plaine maritime flamande vers Saint-Omer et l’intérieur de la Flandre.

    Le nom de Watten pourrait venir du flamand : WAETEN, GAETE, GAT, que l’on peut rapprocher de l’origine saxonne et anglaise : WADE, GATE. Jusqu’au VIIe siècle, la mer du Nord couvrait l’ensemble du pays que forme aujourd’hui la plaine maritime flamande.

    Saint-Omer, appelé alors Sithiu, se trouvait au fond d’un golfe. La côte descendait de Guines par Ardres et Audruicq, fléchissait jusqu’à Watten et repartait sur Bergues, Hondschoote, Loo, Dixmude, en longeant le pied des « monts » de Millam, de Merckeghem, de Looberghe.

    Pour se rendre à Saint-Omer par voie d’eau (la seule praticable, puisque toutes les terres émergées étaient couvertes de forêt), il fallait obligatoirement passer entre le promontoire d’Eperlecques et celui de Watten. La présence, au fond de la vallée, de la rivière de l’Aa, sera un élément primordial pour l’essor de Watten.

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    Carte de la Flandre vers le VIIe siècle
    Watten (Vaganum), est un des premiers lieux habités à l’Antiquité.

    Le « col » de Watten était alors un détroit marin ; la "montagne", haute de 72 mètres, commandait ce passage. Celui qui y était établi surveillait à sa guise les allées et venues entre Saint-Omer et le large. Ce plateau élevé, un des premiers lieux habités de nos contrées vit se succéder les Gallo-Celtes [1], puis les Morins, et, plus tard, la peuplade germanique des Ménapiens.

    A l’arrivée des Romains, ces peuplades furent refoulées sur la rive droite de l’Aa, qu’elles défendirent avec acharnement pendant deux années. Elles succombèrent toutefois et subirent la loi de leurs vainqueurs. Watten offrait aux Romains une position militaire non négligeable. Après y avoir placé un camp, ils établirent une forteresse autour de laquelle se groupèrent quelques habitations. La ville gallo-romaine plantée sur la hauteur de Watten eût une certaine importance. Une chaussée la reliait à Cassel, centre de la domination des légions en Morinie.

    - Une première présence monastique

    Lors de l’invasion des Francs, les Romains furent probablement refoulés à leur tour sur la rive gauche de l’Aa où ils continuèrent à séjourner. La diversité des langages, parlés il y a encore peu de temps sur les deux rives de l’Aa, peut le laisser supposer.

    Les habitants de Watten eurent à subir à cette époque, de la part des Germains [2], les mêmes vicissitudes que tous les habitants du nord de la Gaule. En 831 le domaine agricole de Watten, appelé « Villa Guadannia », dépendait de l’abbaye de Centule, ou Saint-Riquier, située dans la Somme. En 874 une chapelle en l’honneur de Saint-Riquier fut établie au sommet du mont. En 881, envahissant le nord des Gaules, les Normands trouvèrent une ville florissante.

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    Ecu de l’Abbaye N.D. du Mont de Watten

    Watten fut saccagée à tel point que des débris jonchèrent le sol pendant près de deux siècles. Et c’est au milieu de colonnes tronquées, de tablettes de marbre brisées, de ruines envahies de broussailles et de couleuvres qu’arrivèrent les moines. Cette première présence monastique sera d’une importance capitale pour l’histoire de Watten.

    En 1013 le village de Watten appartenait à un seigneur du nom de Burgin. Un ermite, Alphume, né en 1045, s’était retiré dans les bois qui couronnaient le sommet de la colline. Il y avait construit une simple chapelle, dédiée à saint Riquier, entouré de quelques disciples. Cette chapelle, qui ne paraissait guère avoir d’avenir, sera pourtant à l’origine de l’implantation d’un important établissement religieux.

    Vingt-sept ans plus tard, un prêtre étranger, Olfride, « sorti des limites orientales de la Flandre », choisit le mont de Watten, qu’il trouvait bien situé, pour y fonder un monastère. Sous la protection d’un homme riche et puissant du pays, le seigneur Adam, il commença par affranchir le lieu de la dépendance de l’abbaye de Bergues-Saint-Winoc. Puis il s’attira la bienveillance et la protection de l’autorité ecclésiastique ainsi que celle du pouvoir civil. Il put alors y accueillir, en 1072, trente chanoines de Saint-Augustin, venus du monastère de Saint-Gilles près de Liège.

    L’église de l’abbaye fut dédiée aux saints Nicolas et Riquier par l’évêque de Thérouanne, Drogon. Le seigneur Adam fit don des terres, d’argent et d’ornements d’église imité par le comte de Flandre, Robert le Frison. Ce dernier venait de remporter à Cassel sur le roi de France, Philippe Ier [3], une victoire qui lui assurait le pouvoir, jusque là contesté. Pour célébrer cet événement, il prit, à ses frais, l’entretien à perpétuité de trente chanoines. Cette tradition de générosité se perpétuera au sein de la dynastie flamande.

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    Carte de la Flandre vers l’an 800
    Sanderus, Nova Antiqua Flandria, Flandria Illustrata (XVIIe siècle)
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    Robert le Frison
    Sanderus, Flandria Illustrata (XVIIe siècle)
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    Robert II de Jérusalem
    Sanderus, Flandria Illustrata (XVIIe siècle)
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    Sceau de Philippe d’Alsace
    Source : ADWR.

    - Un renouveau religieux dans la Flandre Maritime

    En 1097, le sanctuaire est placé sous le nouveau vocable de Notre-Dame par Lambert de Guines, évêque d’Arras.

    La mère de Robert le Frison, la douairière [4]. Adèle, fille de Robert, roi de France, y posa la première pierre. Robert II de Jérusalem vint visiter la prévôté [5], y laissant de précieuses reliques rapportées de Terre Sainte. Thierry d’Alsace, comte de Flandre, fit de ce monastère, restauré par ses soins, son séjour préféré. Il y sera enseveli après sa mort, survenue, le 17 janvier 1168, à Gravelines.

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    Sceau de l’Abbaye N.D. du Mont de Watten au XIIIe siècle
    Source : ADWR

    Le monastère reçut, également, la visite du célèbre martyr anglais, saint Thomas Becket. L’abbaye Sainte-Marie-du-Mont, appelé encore Notre-Dame-de-Watten, sera successivement sous la juridiction de vingt-neuf prévôts ou abbés. C’est du XIIIe siècle, vers 1236, que date la première église paroissiale dédiée à saint Gilles. Watten, objet autrefois de pèlerinages en renom, a conservé une vénération particulière pour ce saint.

    Pendant les quatre siècles qui suivirent, jusqu’au traite de Nimègue (1678), Watten dut subir les discordes et les guerres incessantes opposant les comtes de Flandre, les Anglais, les Espagnols et les rois de France. En 1296 et 1297, Philippe le Bel envahit la Flandre par deux fois. De son côté, Robert II, comte d’Artois, attaqua Watten, et s’en empara. C’est là qu’il reçut le serment de fidélité au roi de France des députés de Bergues et de Bourbourg. Près de deux milles flamands furent défaits par les français de Miles X de Noyers lors d’une bataille qui eut lieu le 26 décembre 1302, au pied de l’abbaye fortifiée.

    En 1315, le comte Robert de Béthune donna à la ville de Watten une organisation municipale. Auparavant, le seigneur de Watten, tout à la fois chef militaire et civil, prélevait, à sa guise, les tailles sur les produits du sol. En 1318, le premier échevin prit le nom de mayeur, qui sera appelé plus tard bourgmestre.

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    Robert II de Jérusalem
    Sanderus, Flandria Illustrata (XVIIe siècle)
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    Thierry d’Alsace
    Sanderus, Flandria Illustrata (XVIIe siècle)
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    Robert de Béthune
    Sanderus, Flandria Illustrata (XVIIe siècle)

    - De nombreux conflits et le déclin de l’abbaye

    En 1378, Watten, réunie à la châtellenie de Cassel, acquiert le privilège de la fabrication des draps, c’est dire l’importance de cette ville. En 1382, Charles VI, roi de France, défait à Roosebecke les Flamands révoltés.

    L’année suivante, ayant acquis la certitude qu’ils envahissaient de nouveau la région, il entra une fois de plus en Flandre, sans rencontrer de résistance, poussa jusqu’à Bergues et Bourbourg, qu’ils détruisit par le fer et le feu, faisant subir le même sort à Watten. Les habitants furent accueillis à Saint-Omer. La guerre finie, ils rebâtirent leur ville qui ne retrouva plus jamais la même importance.

    Dès l’année 1423, le seigneur de Watten, Colard de Commines, rallume les querelles entre les habitants de Watten et de Saint-Omer, au sujet du rétablissement du marché hebdomadaire, privilège accordé uniquement aux villes. « Le magistrat de St.-Omer prétendit que l’établissement du marché était une innovation très-préjudiciable aux intérêts des habitans de sa ville, versant au trésor une aide annuelle de plus de 2000 tournois , tandis que ceux de Watten ne payaient rien, le seigneur de Watten répondit : en son nom et en celui de la commune, que l’on ne faisait que rétablir ce qui existait avant la guerre a laquelle était due l’interruption du marché. Le magistrat de St. -Orner obtint en 1427 de Henri VI d’Angleterre, comme roi de France, une défense formelle de continuer la tenue du marché en discussion. Cette décision ne fut cependant pas définitive ; et une enquête fut encore faite un an après , pour le même sujet, par les ordres du bailli d’Amiens et du prévôt royal de Montreuil. Les habitans les plus âgés de la commune de Watten déclarèrent sous la foi du serment que, de temps immémorial, ils avaient connu un marché dans leur ville. Après de longues contestations, le marché fut enfin établi ; il y fut ajouté deux foires annuelles que Charles-Quint confirma ainsi que le marché. » [6]

    Cornil d’Eechout, seigneur de Watten, approuva l’institution d’une compagnie d’archers en 1428 sous le patronage de saint Sébastien. Des privilèges lui seront accordés par Philippe le Bon, duc de Bourgogne. Cette société existe encore sous le nom de « Guillaume Tell ».

    Une guerre étant survenue entre les Flamands et les Anglais, Watten eut à souffrir de nouveau de cette lutte : monastère entièrement détruit par les Anglais, église abattue. Une trêve entre les belligérants, en 1437, permit au prévôt de les reconstruire en trois ans. En 1477, lors du siège de Saint-Omer par les armées de Louis XI, Watten dut supporter les brimades des soldats français. Les dégâts commis furent considérables. il en fut ainsi pendant près d’un siècle, surtout lors des guerres d’indépendance et de religion dans les Pays-Bas, sous le règne du fanatique Philippe II d’Espagne.

    - Une position stratégique dans la conquête de la Flandre

    Le monastère de Watten, fortifié, offrait une excellente position militaire. C’était à qui s’en emparerait le premier. Pendant cette longue période de guerre civile, Watten et son monastère seront pris et pillés nombre de fois.

    En 1566, les Gueux [7], désignés sous le nom de « briseurs d’images », entrèrent à leur tour à Watten saccageant la ville et l’église de la prévôté. En 1570, le monastère fut rattaché au nouvel évêché de Saint-Omer par une bulle [8] du pape Pie IV. En 1579, François de la Noue, chef français et protestant, y logea plusieurs fois, y plaçant des garnisons. Il finit par y mettre le feu.

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    Watanum
    Sanderus, Flandria Illustrata, XVIIe siècle.

    Jean de Vernon, évêque de Saint-Omer, fit reconstruire, en 1592, une partie des bâtiments du monastère qui seront occupés vers 1600 par des jésuites anglais. Ils reçurent en propriété, en 1608, les terrains du monastère, ainsi que ceux du comté d’Holque, leur permettant d’ouvrir un pensionnat et un noviciat qui existèrent jusqu’à la dissolution de l’Ordre en 1764.

    Pendant bon nombre d’années, Watten appartint alors, tantôt à l’Espagne, tantôt à la France, qui se partageaient tour à tour la domination en Flandre. En 1638, les Français, conduits par le lieutenant-général de Hallier, s’emparèrent de Watten. Gaston d’Orléans, voulant conserver ce poste (alors que l’armée française assiégeait Saint-Omer), fit rétablir les fortifications sur la hauteur et en éleva d’autres autour de l’église paroissiale. Mais, dans la nuit du 3 au 4 juin, le général espagnol, comte de Fontaine, attaqua et reprit la ville.

    Les Espagnols inondèrent tout le pays de Watten à Saint-Omer, dont ils avaient entrepris le siège, en établissant un long barrage au « défilé » de Watten. La ville et le fort placé au haut de la côte restèrent espagnols jusqu’au 10 août 1643, jour où le maréchal de Gassion s’en empara à son tour. Profitant de l’absence des partisans français répandus dans les environs pour « faire du butin », les Espagnols reprennent la ville qui sera assiégée par le maréchal un an plus tard. Ce ne fut qu’après deux jours d’assaut que les fortifications purent être enlevées. Trois ans après, Watten retombait aux mains des Espagnols qui rasèrent les fortifications en 1650.

    En 1657, Turenne, voulant refouler les Espagnols sur Dunkerque, logea au monastère et y établit un camp. On peut encore voir des traces de ce passage telles que des levées de terre et des tranchées-abris. Puis, Turenne se dirigea sur Mardyck dont il s’empara pour le livrer aux Anglais. A la paix des Pyrénées [9], en 1659, Watten fut rendue à l’Espagne jusqu’au 26 février 1677, date à laquelle le régiment du marquis de Villars l’occupera de nouveau, cette fois définitivement. Watten sera, en effet, réunie à la France par le Traité de Nimègue en 1678.

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    Le Fort de Watte
    Esquisse, Chevalier de Beaulieu, 1667.
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    Plan des fortifications de Watten
    Plan du Fort de Watten en Flandre, 1662.
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    Carte du Gouvernement du Fort de Watten
    Plan de 1662.
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    Gaston d’Orléans ou de France
    Par Van Dyck, 1634.
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    Le Maréchal de Gassion
    Source : Ministère de la Culture.

    - Des Jésuites anglais à la Révolution française

    En 1763, les jésuites anglais quittent le monastère qu’un visiteur décrit à l’époque en termes enthousiastes. L’édifice, de construction récente, comprenait une riche chapelle dite de « l’Ange Gardien » avec quatre autels, une salle de fêtes réservée aux séances académiques, de spacieuses salles d’études et de récréations, des classes et des dortoirs parfaitement aménagés, une brasserie, une boulangerie, une cordonnerie, une lingerie, un magasin d’habillement pour maîtres et élèves, une menuiserie, un atelier de charpenterie et même une pharmacie.

    La pension ne coûtait que 20 livres sterlings (ce témoin ne nous renseigne pas, il est vrai, sur les cours du change). Le collège abritait plus de cent internes répartis en trois sections : anglaise, flamande et française. Les jésuites seront remplacés jusqu’en 1768 par des prêtres de la mission anglaise, qui tombèrent en désaccord avec l’évêque de Saint-Omer au sujet de la possession des biens de l’ancien monastère. Le procès, porté devant la Conseil d’Etat le 12 mai 1766, se terminera en 1769 en faveur de l’évêque de Saint-Omer reconnu, par arrêt du Parlement, seul propriétaire du monastère. Pour éviter des dépenses nécessitées par les réparations, il fit démolir tous les bâtiments du monastère, la tour exceptée, et les murailles qui formaient le jardin. Avec les matériaux de démolition, il se fit construire une maison de campagne et une ferme.

    Les biens du monastère resteront rattachés à l’évêché de Saint-Omer jusqu’à la Révolution française qui l’en dépossédera. Les bâtiments qui subsistaient sur l’emplacement de l’ancien monastère furent vendus comme biens nationaux sous le nom de « château provenant de l’évêché de Saint-Omer » le 22 décembre 1792. C’est au tour de la Terreur [10] de s’installer dans le Pas-de-Calais et le Nord.

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    Plan du village de Watten
    Levé masse, 1728.

    Les nouveaux acquéreurs de Sainte-Marie-du-Mont voulurent, après la Révolution, démolir la tour de l’église du monastère conservée par l’évêque de Saint-Omer, Hilaire de Conzié, mais défense leur en fut faite par l’autorité administrative. Acquise par le gouvernement en 1822, en même temps que le terrain qui la supporte, cette tour servait, dit-on, de point de repère aux navigateurs. On l’aperçoit de loin avec le vieux moulin qui faisait aussi partie de l’abbaye.

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    Plan du fort de Watten en 1794

    Depuis le décret du 15 janvier 1790, Watten fait partie du département du Nord et du canton de Bourbourg : elle a perdu le titre de ville que ses administrateurs n’ont pas cru bon devoir lui faire reprendre, certainement parce qu’il aurait dû en coûter quelque argent. Watten n’est plus alors qu’un bourg avec son conseil municipal, son maire, son adjoint, son percepteur, son garde-champêtre, le 9 novembre 1800 (18 Brumaire, An V), un coup de vent renversa la flèche élégante qui surmontait la tour de l’église paroissiale et qui n’a jamais été reconstruite.

    - La Révolution industrielle et les progrès des voies de communication

    En 1813, Watten comptait 1042 âmes, puis en 1866, 1311 habitants, en 1881, 1735 et, en 1900, 2113. L’industrie s’y développe alors en raison des facilités de communications extérieures. Au début du siècle, la population de Watten, qui avait pour hameaux Loverstel et Wattendam, s’est quasiment renouvelée. Les descendants des anciens habitants sont rares. Aussi, le français, seule langue apprise dans les écoles, a succédé au flamand parlé autrefois dans la presque totalité des familles.

    Pour permettre le changement de niveau des bateaux à destination de Bergues puis de Dunkerque, on utilisait le dam ou écluse de Watten, nommée Wattendam (dam, digue, Watten, de Watten) ou « overdrach » de Watten (overdrach, transport). C’est l’ancêtre des modernes écluses et ascenseurs maritimes.

    Il n’y a pas de porte mais seulement des bajoyers [11] en bois. Il consiste essentiellement en un double plan incliné en bois, que l’on faisait franchir par le bateau, en le tirant par un câble manœuvré par un cabestan, actionné, soit par une roue à chevilles, soit par un manège à chevaux ou (peut-être) à chiens, ou par moulin à eau comme ce fut le cas à Wattendam.

    Un grand nombre d’usines familiales et d’industries (aujourd’hui disparues) se créent à cette époque : vers 1860, M. Landeau exploita le sous-sol wattenais, constitué par de l’argile, la « clite », en créant une pannerie-briqueterie [12] qui assurait aussi la fabrication des drains et des poteries. L’usine ferma en 1893. Il sera, également, propriétaire d’un four à chaux. La matière première provenait des marnières [13] de Houlle et arrivait par bateaux. La chaux était revendue aux maçons de la région.

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    L’usine Vandesmet
    Filature.

    Vers 1875, Emile Lanvin-Schraen fonda à Watten (hameau de Wattendam) une tannerie qui réussit à se placer en tête des autres entreprises françaises. Il avait obtenu le marché de fournitures des équipements militaires de deux corps d’armée. Il fournissait également les bottes des égoutiers de Paris. L’affaire subit, toutefois, une crise financière. Les frères Maillard, qui avaient des intérêts dans l’entreprise, la reprirent en 1903. M. France Maillard en assura la direction avec un technicien, Charles Haas. L’usine ferma définitivement ses portes en 1906. Entre 1850 et 1893, une raffinerie de sel fut exploitée rue du Bailly par M. Duriez-Semette.

    - Une industrie basée sur : la tuilerie, la filature, et les chantiers de bateaux

    Le moulin à vent destiné à moudre le grain sur la « montagne » fonctionna de 1731 à 1930 ; le dernier meunier fut M. Rémy Willier. Ce ne fut pas le seul moulin à vent. Il y en eut un en bois rue de Millam et un autre en maçonnerie rue de Saint-Omer. Un moulin à vapeur fonctionnait au pont de Houlle. Il s’arrêta en 1890.

    C’est dans les installations de cette ancienne minoterie, au pont de Houlle, que M. Dedours établit en 1893 une centrale électrique, premier réseau d’électricité privé de la région. En 1905, les installations furent reprises par la Société Béthunoise et la centrale transformée en tannerie. La familiale Delaplace exploitait à Loverstel, avant 1900, une vannerie qui avait comme clients des cultivateurs de Watten et des environs. Jusqu’en 1898, la famille Guilleman était renommée pour la fabrication des chaises effectuées entièrement à la main. La dernière entreprise fut celle de M. Deduytsche qui portait comme enseigne « A la chaise noire ». Plusieurs tonnelleries étaient spécialisées dans la fabrication des fûts de brasserie, barattes, seaux, cuves et exportaient dans toute la région.

    Aux environs de 1900, le principal chantier de construction et réparation de bélandres, péniches, escutes, bacoves [14], était celui de la Société Anonyme des Chantiers de la Colme, concurrençant les autres chantiers (Hénon, Morette, Fortry) établis sur la rivière de l’Aa en amont de Watten.

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    Les Tuileries du Nord
    Carte postale Ed. P. L. Lille, 1913.

    Dans les bâtiments abandonnés par les Tanneries Lanvin, M. Thumerel de la Bassée ouvrit, en 1908, une galocherie. Reprise par M. Looten, cette industrie cessa en 1950. Il a existé, également, une autre galocherie, celle de M. Chaumette. Entre 1900 et 1940, M. Félix Duriez exploita une sécherie de chicorée.

    Jusqu’en 1893, la moutarde était fabriquée sur place à l’usage des épiciers locaux. Une fabrication de friandises, dénommées localement « Cavés » [15], était exploitée par Henri Stoclin, rue de Dunkerque. Entre 1873 et 1890, M. Willay fabriquait du cirage. Vers 1873, M. Hannequin établit une corderie. Le chanvre en provenance de Russie, via Dunkerque, arrivait brut par la barque. Il fallait le préparer (peignage, filage) avant de la livrer en corde. Les expéditions ne dépassaient guère la région de Saint-Omer-Bourbourg. L’atelier ferma ses portes en 1907 par suite de l’ouverture d’usines plus importantes.

    Quelqu’un disait « Plus de bière pour les Flamands, c’est la dernière des privations ! » Les brasseries y étaient donc particulièrement prospères. Six entreprises y fonctionnaient en même temps. La Maison Persyn fut la dernière à brasser. Les industries les plus importantes furent surtout la Filature Vandesmet, qui fonctionna de 1852 à 1977, et les Tuileries du Nord et du Pas-de-Calais de 1912 à 1960.

    - Les destructions de la Seconde guerre mondiale

    Pendant la grande guerre de 1914-1918, Watten a échappé à l’invasion et n’a vu que des troupes britanniques, métropolitaines ou coloniales établir leur campement sur les emplacements mêmes où les troupes de Gassion avaient planté leurs tentes. Il n’en fut pas de même lors de la Seconde Guerre mondiale.

    Du 3 septembre 1939 au 23 mai 1940, Watten vit cantonner des unités françaises et une unité du génie anglais qui fit sauter le double pont fixe de Watten le 24 mai 1940.

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    Camion anglais à Watten de la Première guerre mondiale
    Source : ADWR

    Ce même jour, les premiers obus tombent rue de l’Hospice, et des combats se livrent en différents endroits de Watten, mais plus particulièrement rue de la Gare, rue de l’Hospice à l’entrée des Tuileries. Les premiers éléments de l’armée allemande entrent à Watten à 20h30, le 25 mai 1940.

    Le franchissement de la rivière de l’Aa s’effectue sur un pont provisoire installé face à la rue de la Gare. Le 29 mai, à 23 heures, l’aviation anglaise lance des bombes qui tombent dans le secteur de la salle Saint-Gilles, le terrain des sports et la filature Vandesmet. L’armée allemande occupera Watten jusqu’au 6 septembre 1944, date de sa libération par l’armée canadienne.

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    Le moulin de Watten
    Sommet "décapité" lors de la Seconde guerre mondiale. Photo au bromure, collection Renard, 1962.

    C’est en octobre 1940 que l’occupant défigura le moulin à vent de la « montagne » après avoir démonté le toit et les deux ailes qui restaient pour en faire un observatoire.

    L’endroit choisi par Hitler pour lancer les fusées A4, dites V2, était la lisière de la forêt, située à Eperlecques. Ce blockhaus ne fut jamais opérationnel, et fut très souvent bombardé par l’aviation alliée. Puis Watten eut encore le triste privilège de voir installer au « Bois de Watten » une rampe de 70 mètres de longueur baptisée « Ski » destinée à faire décoller des fusées dites « V1 ». Cette rampe ne fut jamais bombardée, mais il arrivait que des V1, ratant leur départ, tombent et explosent, occasionnant des dégâts très importants.

    Après la guerre, plusieurs associations renaissent : la Club des Chiens Ratiers, aujourd’hui disparu, l’Association du Tir à la Carabine, dissoute en 1949. Seule celle des Colombophiles existe encore. La fanfare, fondée en 1885 par M. Vandesmet, est devenue « La Fanfare L’Amicale » en 1935, et continue, actuellement, sous le nom de « L’Harmonie Batterie L’Amicale ».

    Bibliographie

    Les documents et les sources historiques sur l’histoire de Watten. En plus de l’article écrit en 1978 par René Logghe et Marcel Delaplace (de l’association des Amis du Vieux Watten et de sa Région), voici une bibliographie indicative sur l’histoire de Watten.


    Notices historiques

    Notice historique d’Alexandre HERMAND :
    - Mémoire de la société des Antiquaires de la Morinie, Tome 4, 1837-1838, Notice historique de Watten, p. 54.

    Histoire de Watten :
    - Histoire des Flamands du Haut-Pont et de Lyzel, de Hector Beaurepaire Piers, 1836, Histoire de Watten, p26.

    Illustration de Watten (et notice en latin) :
    - SANDERUS Antoine, Flandria Illustrata, 1641, Tome 1, p. 86.


    Abbaye

    Cartulaire de l’abbaye :
    - Annales du Comité Flamand de France, 1860, Extraits du Cartulaire de l’abbaye de Watten, par E. DE COUSSEMAKER, p. 297.
    - Bulletin historique trimestriel de la Société des antiquaires de la Morinie, 1861, Note sur un manuscrit relatif à l’abbaye de Watten, p. 307.
    - Mémoires de la Société dunkerquoise pour l’encouragement des sciences, des lettres et des arts, 1853, Annales de l’église de Watten, L. COUSIN, p. 157.

    Catalogue des prévôts de Watten :
    - Archives historiques et littéraires du nord de la France, et du midi de la Belgique, 1847, Catalogue des prévots du Monastère de Watten, p.261.


    Fortifications

    Archives du génie de Vincennes :
    - Plan du fort de Watten, 1644.
    - Plan du fort de Watte en 1644 et carte de gouvernement du fort de Watte, 1662.
    - Plan du village de Watten, Masse, 1728.
    - Plan du reste des fortifications de Watten, 1794.

    Archives Départementales du Nord :
    - Cadastre du Consulat, 1807.


    Autres

    Archives Départementales du Nord :
    - Plan géométrique, 1807
    - Cadastre Napoléonien, 1818

    Bulletins des Amis du Vieux Watten et de sa Région :
    - Le littoral Nord-Ouest du Royaume franc aux temps des Mérovingiens, Bulletin n°29, 1995.
    - Le passé militaire de Watten par CLAEREBOUT H. et GAMBLIN G., Bulletin n°26, 1993.
    - L’église Saint Gilles, Bulletin n°36, 2003.
    - L’abbaye de Watten par DECROIX P., 1998.

    GRAAL (Groupe de recherches archéologie et archives du littoral), 2001.

    Petit patrimoine et industries

    - La filature Vandesmet

    C’est en 1852 qu’une filature de lin est fondée par Adolphe Vandesmet, et rapidement, en 1865, un bâtiment est érigé rue de la Gare pour travailler le jute. La filature Vandesmet apportera travail et prospérité à la ville jusqu’à la crise économique et la fermeture définitive en 1977 [16].

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    La filature Vandesmet
    Imp. Gobrecht (Hazebrouck), 1915.
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    Adolphe Antoine Aimable Vandesmet

    Issu d’une famille de cordiers établie à Saint-Omer depuis le XVIIe siècle, exploitant la filature au moulin Platiau à Blendecques, Adolphe Vandesmet fonde en 1852 à Watten, rue de l’Ermitage, une filature pour filer les étoupes de lin.

    Adolphe Antoine Aimable Vandesmet (04 août 1817 - 09 novembre 1898) épouse Philippine Flore De Capol (1822-1888). Ils auront cinq enfants : Adolphe, Félix, Laure, Gustave, et Gaston. Félix et Gustave partiront au Brésil où ils s’investiront dans l’industrie sucrière (la branche brésilienne existe toujours).

    Adolphe l’aîné et Gastion le cadet prennent la succession de leur père en 1876. Adolphe Vandesmet épouse Alice Lemaire, et ils auront quatre enfants : Valentine, Thérèse, Fanny et Adolphe. Gaston Vandesmet épouse en premières noces Marguerite Lemaire, et ils auront aussi quatre enfants : Yvonne, Paul, Madeleine, Marguerite-Marie, et en deuxièmes noces Jeanne De Capol, avec qui il aura trois enfants : Jean, Henry, et Gaston.

    En 1913, une filature voit le jour à Saint-Omer, en 1915 la société achete un tissage à Candas dans la Somme. En 1924 une troisième filature est construite à Boeschepe et un tissage est installé à Poperinghe en 1930.

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    Adolphe Auguste Florimond Vandesmet

    Après la mort de son frère, Gaston Vandesmet continue à gérer la société avec son fils et les héritiers de son frère. En 1920 Adolphe Gustave Vandesmet (1889-1974), petit-fils du fondateur, entre comme associé de la société. L’un de ses fils, Adolphe Henry Vandesmet (1918-1998) sera le dernier dirigeant de la filature.

    Adolphe Auguste Florimond Vandesmet (16 novembre 1846 à Blendecques - 27 novembre 1913 à Watten), Conseiller municipal le 6 janvier 1878, sera durant 27 années Maire de Watten, du 15 décembre 1885 jusqu’à son décès. Il est aussi élu pendant douze années au Conseil d’Arrondissement (1901-1913).

    Outre le développement important de la commune à cette époque, on lui doit la création de la musique en 1885, il était impliqué dans de nombreuses œuvres sociales et favorisait la construction d’habitations pour loger les ouvriers.

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    Gaston eugène Léon Vandesmet

    Créateur de la société de secours mutuel de l’usine, il met également en place une caisse de retraite pour le personnel de la filature. Il est également président de la société d’agriculture de Bourbourg, de la Caisse locale de Crédit agricole de Watten, vice-président de la société de crédit immobilier de l’arrondissement de Dunkerque, administrateur de la banque de France...

    Gaston Eugène Léon Vandesmet (5 avril 1854 à Watten - 7 mars 1944 à Paris), verra son fils Paul Vandesmet devenir l’associé de son père et de son oncle en 1907. Marie de Watten en 1919, il décède d’un accident de voiture en 1920 à l’âge de 36 ans. Adolphe et Gaston Vandesmet et leurs épouses sont inhumés au cimetière de Watten à côté de leurs parents.

    C’est vers 1865 que l’usine établie à Watten commençe à travailler le jute. On procéde alors à la construction du bâtiment érigé rue de la Gare. La firme devient société anonyme en 1925. En 1967 elle s’associe avec les établissements Rigot-Stalars pour donner naissance à la société « Rigot-Stalars & Vandesmet ».

    Les années 1970 voient le déclin de l’entreprise, la matière première devenant trop chère à faire venir en France, et les débouchés n’étant plus assurés. La crise économique et les difficultés que connait l’industrie textile conduisent à la fermeture de la filature en 1977, après son rachat en dernier lieu par le groupe Boussac qui procéde à son démantèlement.

    Le site de l’usine Vandesmet a été acquis par la Commune de Watten, les bâtiments anciens ont été démolis en 1986, le château et les bureaux quelques années plus tard. Les bâtiments dits de la « nouvelle usine » sont aujourd’hui une zone d’activités artisanales et commerciales. La rue Vandesmet parcourt cet ensemble, ses deux extrémités correspondent aux deux entrées de ce qui fut la filature : la grille et le porche. La rue Vandesmet a été inaugurée le dimanche 21 mai 2006, par M. Daniel Deschodt, Maire de Watten, entouré des adjoints et des conseillers municipaux, sous la présidence de Mme Sylvie Desmarescaux, Sénateur du Nord, et de M. Jean-Pierre Decool, Député et Conseiller Général du Nord.

    Ancienne vue aérienne de la filature {JPEG} Façade l'usine Vandesmet {JPEG} Les machines de la filature Vandesmet {JPEG}

    L'activité de la filature Vandesmet {JPEG} Watten - Rue de la Gare {JPEG}

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    Intérieur de la filature Vandesmet

    - Les Tuileries du Nord

    Pendant près d’un demi-siècle les Tuileries du Nord ont été, avec la filature Vandesmet, un des deux plus gros employeurs de la ville. Ces deux industries ont fortement contribué au développement de la ville et de son économie au XIXe puis au XXe siècle [17]. Déjà au début du XIXe siècle le Mont de Watten était exploité pour son gisement d’argile par les établissements Landeau pour la fabrication de pannes (tuiles). La carrière d’argile est devenue un site naturel protégé, le Lac Bleu, propriété du Département du Nord.

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    Les Tuileries du Nord
    1913-18 (Ed. P.L. . Lille)

    C’est en 1912 que fut créée l’usine wattenaise des Tuileries du Nord et du Pas-de-Calais par Julien De Ruyffelaere, administrateur-directeur technique. A leur inauguration, les tuileries, œuvres de l’architecte Malvoisin, déroulaient sur 700 mètres de long ses bâtiments ponctués de milliers de fenêtres blanches encastrées dans la maçonnerie multicolore. Leur construction avait nécessité onze mois de labeur.

    L’usine comprenait une salle des machines à vapeur, aux aciers et cuivres étincelants, ainsi que des appareils électriques, nécessaires à la fabrication des tuiles, du malaxage à la cuisson. Le rendement était alors de 120.000 tuiles par jour. Successivement agrandies en 1921 et 1923, les tuileries occupaient sur près d’un kilomètre les berges du canal de l’Aa, au pied du Mont de Watten.

    Le Lac Bleu {JPEG}Les tuileries furent reprises par le Comptoir Tuilier du Nord, et occupaient jusqu’à 700 ouvriers. Mais lors de la Seconde guerre mondiale, l’usine servit à l’occupant de stockage de munitions et subit d’importants dégâts à cause des bombardements. A sa fermeture en 1960, les tuileries n’occupaient plus que 200 personnes malgré une production annuelle de 15 millions de tuiles, rives et faitières.

    L’argile, matière première utilisée pour la fabrication de tuiles, était affleurant à Watten et extraite dans une carrière située derrière le sommet de la Montagne. C’est l’argile des Flandres, ou argile yprésienne, parfois nommé clyte ou « klitje ». Aujourd’hui la carrière est devenue un site naturel protégé, le Lac Bleu, propriété du Département du Nord.

    Les Tuileries du Nord {JPEG} Séchoirs et machineries {JPEG} Les Tuileries du Nord {JPEG}

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    Les Tuileries du Nord
    (Collection Renard)
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    Panoramique des Tuileries du Nord

    - La gare de Watten-Eperlecques

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    Passage d’un train royal anglais
    Edition V. M.

    Le 19 juillet 1838, la concession de la ligne Lille-Calais était donnée à John Cockerill (1790-1840), industriel britannique emigré en Belgique. La ligne Lille-Calais a été ouverte le 1er septembre 1848, par la Compagnie des Chemins de Fer du Nord. A noter que la gare était autrefois reliée par une voie ferrée à Bourbourg et Dunkerque. La ligne de Watten - Éperlecques à Bourbourg a été supprimée pour faire place à une voie routière de Saint-Omer à Dunkerque, par décision ministérielle du 26 décembre 1938. En 1993 la ligne a été électrifiée (section Hazebrouck-Calais). « Pour ne jamais oublier », une plaque commémorative inaugurée en décembre 2009 rend hommage à ceux qui ont combattu en Extrême-Orient et en Afrique du Nord, entre 1945 et 1964.

    - L’Aa

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    Chantier de construction de bateau sur l’Aa
    Edition P.L. Lille, 1921.

    Le canal de l’Aa a été plusieurs fois déplacé dans la commune et il est depuis longtemps navigable. Déjà en 1080, Ebrard, chanoine de l’abbaye, évoque des vaisseaux d’une certaine importance qui passaient sur l’Aa à Watten. Au XIIe siècle l’Aa est canalisé par les comtes de Flandre, rendant le fleuve navigable jusqu’à la mer. Un « overdrach », ancêtre des écluses, est créé à Wattendam afin de faciliter la circulation sur l’Aa. Au XIIIe siècle, de nouvelles digues sont édifiées pour construire la « Grande Rivière » contournant Watten entre Saint-Omer et la mer.

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    Vue aérienne du centre et du canal en construction
    Lib. Ryckelynck

    En 1400 un arrêt du roi de France, Charles VI, promulgue la liberté totale de circulation des marchandises de Saint-Omer à Gravelines, sans aucune redevance à Watten. Lors de la campagne de guerre de 1638, Thomas de Savoie fit édifier une digue de barrage dans la vallée de l’Aa. Cette digue permit de créer une retenue d’eau afin d’inonder les environs et le marais Audomarois jusqu’à Saint-Omer, empêchant son attaque. La rivière fut redressée, élargie et approfondie en 1681 pour la construction du canal de Calais, et en 1753 lors de la construction du canal de Neufossé. En 1837, le mouillage est porté à 1,65 mètres. En 1875, l’Aa est mise au gabarit dit « Freycinet » et le canal est détourné du centre-ville pour passer par l’actuelle cité Saint-Michel.

    Watten s’est développée le long du canal de l’Aa lors de la révolution industrielle au XIXe siècle. De nombreuses activités sont nées de l’eau : chantiers de construction et de réparation de bateaux, écluse qui a donné naissance à Wattendam, halte nautique. D’autres ont disparu : centrale hydro-électrique au pont de Houlle en 1893, ou port fluvial. Dans les années 1960 la mise à grand gabarit européen stabilise définitivement le cours du canal de l’Aa à l’Ouest du centre-ville, créant des délaissés à Wattendam et entre le camping et le collège. En 2007 le pont est relevé.

    La rue de Dunkerque

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    La Rue de Dunkerque décorée

    La rue de Dunkerque, principal axe passant et commerçant de la commune, n’est pourtant pas la première rue a avoir vu le jour à Watten. Sur le « plan de Watte » de 1644, l’axe principal Nord-Sud reliant la ville à Saint-Omer, passait sur la rive droite de l’Aa, était en fait l’actuelle rue de l’Ermitage. Seuls des chemins de halage bordaient l’Aa.

    Sur le plan du village de Watten de 1728, les premières habitations apparaissent sur le rive gauche de l’Aa pour former un front bâti qui constituera la future rue de Dunkerque. Mais ces premières habitations ne sont reliées que par le pont de Watten avec l’axe principal, qui reste toujours sur la rive droite de la rivière.

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    Cadastre du Consulat
    Extrait du Cadastre de 1807

    Sur les plans du cadastre du Consulat (1807 et 1812), la rue de Dunkerque prend forme en étant reliée avec la route de Saint-Omer, qui passe sur la rive gauche.

    La rue possédait la particularité d’être desservie par trois ponts : le pont vers la route de Saint-Omer qui franchissait la déviation de l’Aa derrière Watten, le pont qui reliait la Grand’ Place, et le pont à l’emplacement de l’actuelle Place de la République (au niveau de l’ancienne bifurcation entre la Haute Colme et l’Aa).

    Vers la fin du XIXe siècle, le canal est déplacé derrière la rue du Bailly pour permettre le passage des péniches au gabarit gabarit Freycinet. Le canal rue du Bailly et rue de Dunkerque est comblé. La rue de Dunkerque possède des vestiges de son passé fluvial, tels les petits embarcadères dans les fonds des parcelles de la rue des Alliés. La rue fut traitée comme une avenue haussmanienne et bordée de marronnier. La rue de Dunkerque ambitionnait alors de réunifier les deux rives de Watten et de rétablir la cohésion de la commune.

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    Rue de Dunkerque

    De nos jours la rue de Dunkerque est l’axe commerçant principal de la commune. Elle est bordée par deux places : la Grand’ Place, cœur de la ville, et la place de la République (recevant la poste et le Monument aux Morts). Les façades alignées du XVIIIe et du XIXe siècle abritent des habitations et de nombreux commerces, et constituent un patrimoine architectural et historique important pour la commune.

    - La salle des pompiers

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    La rue Saint Antoine
    Edition P.L. Lille, 1905.

    Construite en 1863, la Salle des Pompiers accueille dès 1923 un cinéma muet accompagné d’un phonographe pour diffuser de la musique [18].

    En 1927, le cinéma déménage mais revient en 1930 où il vivote avec le matériel vieillissant de l’ancien propriétaire. De 1936 à 1939 le cinéma parlant investit la salle qui pouvait contenir jusqu’à 250 places. Il existait deux cinémas à Watten : l’Ideal Cinéma dans la Salle des Pompiers, et le Cinéma Familial dans la Salle Saint-Gilles.

    Les projections reprennent en 1941, mais une grande partie des films projetés durant l’occupation étaient réalisés par les allemands, comme le film « Chora-Tery », avec en vedette Marika Rock. Les actualités étaient projetées avec les lumières allumées, afin d’éviter les réactions hostiles du public.

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    La gendarmerie (aujourd’hui mairie)
    Edition E.P. Lille, 1912.

    Les projections recommencent à la Libération, après une année de pause, avec la diffusion de films tels que « La Libération de Paris » ou la « Bataille de Stalingrad ». En 1954 le cinéma diffusait des films tels que « L’homme tranquille » avec John Wayne. La salle était chauffée, et les séances avaient lieu le samedi à 20h30 et le dimanche à 16h30 et 20h30. Le cinéma de la Salle des Pompiers ferme en 1966.

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    La salle Saint Gilles
    Ed. Ryckelynck

    La salle Saint-Gilles a été construite dans les années 1930 et a servi de salle des fêtes, salle de réunion et salle de cinéma. « Le Cinéma Familial » est inauguré le 7 octobre 1934, avec à sa programmation l’abbé Vercruysse. Les films furent projetés jusqu’au 30 juin 1968 (« La Piste de la caravane »). Plus tard furent diffusées lors de séances exceptionnelles en 1972 « Don Camillo en Russie », en 1977 « Les aventures de Rabbi Jacob » et « L’Année Sainte », et enfin dans les années 1980 « La Boum ».

    - Les chapelles

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    Chapelle Consolatrice des Affligés

    Quelques chapelles existent encore à Watten, dont celle de la rue du Bois et celle de la rue Saint-Antoine. Voici la liste des chapelles, existantes ou disparues, de Watten et des alentours.

    A Watten

    La chapelle de la rue du Bois

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    Chapelle de la rue du Bois

    La chapelle de la rue du Bois est dédiée à Notre-Dame Consolatrice des Affligés. « La petite chapelle de la rue du Bois », construite en 1875, a été restaurée en 1985. Elle est toute proche d’une ancienne chapelle, aujourd’hui disparue, qui était nommée « Chapelle de Notre Dame des Longs Prés ». Cette chapelle, qui figure sur le cadastre napoléonien (1818), était située au lieu dit « Les Longs Prés », en face du collège, le long d’un fossé en contrebas du mont de Watten, entre le watergang Le Boudick, et le chemin aujourd’hui disparu du Brock-Schoole-Weg (qui se divisait en Millam Weg dans le Bois Royal).

    La chapelle Saint-Antoine

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    La rue Saint Antoine
    Edition P.L. Lille, 1905.

    La chapelle Saint-Antoine a été remise en état en octobre 1990, grâce à l’association des Amis du Vieux Watten et de sa Région. Le but des travaux était de redonner à la chapelle son aspect d’antan, que l’on pouvait voir sur les cartes postales anciennes. En effet depuis l’après-guerre et avant les travaux la chapelle se résumait à une simple niche enchâssée dans le mur en parpaing de garages. La chapelle a été bénie le 23 juin 1991, après la messe, en présence de la propriétaire de la chapelle, de l’abbé, de membres de l’association, et de paroissiens. Des artisans locaux ont effectué les travaux.

    La chapelle Saint-Hubert

    C’est une chapelle (niche) avec la statue de Saint-Hubert, insérée dans la façade d’une maison de la rue Pascal Leuliette. Saint-Hubert était autrefois vénéré à Holque, Ledringhem et Watten. Le quartier alentours était autrefois appelé quartier Saint-Hubert.

    L’ancienne Chapelle de l’Ange Gardien

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    Cadastre Napoléonien
    1818 - Section B3 (l’Ange Gardien)

    D’après le bulletin n°28 des Amis du Vieux Watten et de sa Région, « la statue de l’Ange Gardien était vénérée avant la Révolution et depuis des siècles dans une petite chapelle située entre le hameau de Westrove et La Balance [...] cette statue vient d’être donnée à l’église ». La chapelle de l’Ange Gardien était aussi la chapelle où se réunissaient les congréganistes du noviciat de Jésuites anglais au XVIIe siècle [19]. Depuis lors, le sommet du mont de Watten porte comme nom de lieu dit l’Ange Gardien.

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    Chapelle Notre Dame de Toute Grâce à Wulverdinghe

    Dans les alentours, les chapelles existantes

    La Chapelle Consolatrice des Affligés

    C’est une « chapelle à loques » : [20] « Par une autre pratique très usitée, on attache aux grilles des chapelles ou aux arbres des alentours, des jarretières, des cordons et même de simples fils auxquels on attribue le pouvoir de délivrer le pèlerin en fixant son mal sur la demeure du Saint. Cette coutume s’appelle vulguairement “het zeer afbinnen” (attacher le mal) et son origine est à rechercher dans la mythologie scandinave. »

    La chapelle Notre Dame de Toute Grâce à Wulverdinghe

    Notes

    [1] Gallo-Celtes : nom des anciens Gaulois et de quelques autres peuples de même race. Morins : peuple de l’ancienne Belgique cantonné la long de la mer. Ménapiens : peuple gaulois habitant les bouches d’Escaut, de la Meuse et du Rhin.

    [2] Germains : nom donné par les Romains aux peuples de race teutonique, les mêmes que nous appelons aujourd’hui Allemands.

    [3] Philippe Ier roi de France (1052-1108), fils d’Henri Ier et d’Anne de Russie, associé au trône en 1059, roi en 1060, d’abord sous la régence de Baudoin V de Flandre. Il associe dès 1099 son fils Louis VI le Gros à la couronne.

    [4] Adèle (morte vers 1080), fille de Robert Le Pieux, épouse de Baudoin V de Flandre. Douairière : venue de famille royale

    [5] Le mot prévôt a d’abord été employé pour désigner toute personne ayant une autorité, laïque ou ecclésiastique. Par la suite, ce titre servit principalement à désigner divers magistrats civils, et judiciaires. La prévôté était la désignation de cette fonction ou le territoire où s’exerçait cette juridiction.

    [6] Extrait des Mémoires de la société des Antiquaires de la Morinie, Tome 4, 1837-1838, Notice historique de Watten, p. 137.

    [7] Surnom donné aux nobles des Pays-Bas qui demandaient l’abolition de l’inquisition et voulaient atténuer les rigueurs contre l’hérésie protestante. Le Duc d’Albe, envoyé par Philippe II, sévit avec une extrême sévérité.

    [8] On a d’abord appelé bulle la petite boule de plomb que l’on attachait aux sceaux des actes pour leur donner un caractère authentique. Ce terme désigne actuellement certains actes actes de papes et de quelques conciles.

    [9] Traité qui termina les hostilités entre la France et l’Espagne (7 novembre 1659). Il donnait à la France notamment l’Artois, Gravelines, le Roussillon...

    [10] Période de la Révolution qui s’étend de mai 1793 au 27 juillet 1794 et pendant laquelle le gouvernement révolutionnaire, pour lutter contre l’ennemi extérieur et réduire les adversaires de l’intérieur, instaura un régime dictatorial.

    [11] Nom de chacun des deux massifs qui forment les parties latérales d’une écluse.

    [12] Panne : tuile sans emboîtement en forme de S.

    [13] Carrière d’où l’on tire la marne, masse terreuse composée d’argile, de carbonate de calcium et quelque fois de sable.

    [14] Escute : barque légère à la proue effilée, peu stable et servant au transport des personnes. Bacove : bateau pour le transport des marchandises, du matériel agricole et des attelages.

    [15] Sorte de bonbons durs de couleur brune faits avec de l’eau, du sucre en poudre et un peu de beurre, auxquels on ajoutait une cuillerée de vinaigre, et qu’on utilisait en prenant du café.

    [16] Source : plaquette de l’inauguration de la rue Vandesmet le 21 mai 2006

    [17] Source : Bulletin des Amis du Vieux Watten et de sa Région, n°20, octobre 1990.

    [18] Source : bulletin des Amis du Vieux Watten et de sa Région, n°31, mars 1997

    [19] Histoire du Monastère de Watten, Abbé Harrau, 12/1906, 9e tome du Bulletin de l’Union Faulconnier

    [20] Dezitter, chapelles rustiques en Flandre.






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