Résumé climatologique de l’année à Watten, par Alain Plumart


Année 2025: beaucoup moins de pluie, et une chaleur soutenue.

Après deux années particulièrement pluvieuses, notamment 2023 qui avait établi un record absolu de précipitations (1189 mm), nous retrouvons en 2025 une situation tout à fait différente, avec une hauteur d’eau annuelle largement déficitaire (de 23%); il faut remonter à 2003 pour trouver chez nous une année encore plus «sèche» (595 mm d’eau).

En effet, la fin de l’hiver et le printemps présentent de longues périodes très déficitaires en pluie: de février à juin, ainsi que août, et… décembre ! Même les mois d’automne, habituellement très arrosés (septembre à novembre), quoique excédentaires, n’ont pas reçu de quantités exceptionnelles.

Résumé des données climatiques:

Moyenne des températures minimales (Tn):7,53°C (normale: 7,1°C)
Température minimale absolue:-5,8°C (26/12)
Moyenne des températures maximales (Tx):17,14°C (normale 15,6°C)
Température maximale absolue:36,5°C (12/08)
Température moyenne annuelle (Tn + Tx)/2:12,34°C (normale 11,35°C)
Hauteur totale des précipitations:638,5 mm
Moyenne sur la période 1991 – 2020:830 mm
Nombre jours avec précipitations ≥ 0,1 mm:158 j
Hauteur d’eau maximale sur 24 heures:25,6 mm (24/11)

En ce qui concerne les températures, 2025 voit s’allonger la liste des années beaucoup plus chaudes que la normale, avec de nouveaux records dans certaines régions; chez nous, pas de record battu, mais nous en sommes parfois proches: ainsi, la moyenne annuelle (12,34°) est tout juste inférieure au record de 2023 (12,63°). A remarquer qu’il n’y a pas eu dans le Nord de longues vagues de chaleur «caniculaire» cet été, mais plutôt des périodes de chaleur soutenue, sans excès.

Si l’on considère en détail la pluviométrie de cette année relativement sèche, on relève pas moins de 7 mois déficitaires en eau: tous les mois de février à juin inclus, + août et décembre (voir ci-dessus), les quantités mesurées allant de 15% à 70% de la normale, avec une mention spéciale pour mars, avril et mai, qui ont reçu chacun moins de 15 mm de pluie! Les précipitations ont été à peu près «normales» en juillet et novembre, et excédentaires pour les mois restants:  janvier, septembre et octobre, avec des écarts de +10 % à +70 %, les 100 mm mensuels n’ayant été atteints qu’en janvier, octobre et novembre. Le nombre annuel de jours avec hauteur d’eau mesurable (≥ 0,1 mm) est quant à lui en forte baisse: il n’est cette année que de 158, alors qu’il atteint souvent 180 à 200 en année moyenne;  c’est évidemment la conséquence des longues périodes de sécheresse printanière. Le nombre de jours «pluvieux» est minimal en avril (6 j.), et maximal en novembre (21 j.).

En ce qui concerne les températures, nous avons vu que, sans battre de nouveaux records, avec 2025 s’allonge la liste des années beaucoup plus chaudes que la normale; pour la 4ème année consécutive, la température moyenne annuelle a dépassé les 12 degrés. Cette année, seulement 2 mois ont présenté un petit déficit thermique:  janvier (–1°)  et février, les 10 autres étant tous excédentaires en température moyenne, avec des écarts allant de +0,4° à +2°, mais atteignant +3° en juin.


Quelques données chiffrées supplémentaires

Complétons ce bilan par les données supplémentaires habituelles. Il a été enregistré à Watten en 2025,  année en grande partie sèche et chaude, avec toutefois un premier trimestre plutôt froid:

58 jours de chaleur  (T. maxi ≥ 25°):

ce qui est considérable et en forte augmentation par rapport à l’année précédente (43 j.), la moyenne régionale «normale» étant de 33 jours seulement! La répartition par mois de ces jours chauds est la suivante: 3 j. en avril, 6 j. en mai,  16 j. en juin,  15 j. en juillet, 14 j. en août, 4 j. en septembre. Le nombre de jours de forte chaleur (maxi ≥ 30°)  est également élevé: 14 jours, se répartissant comme suit: 1 j. en mai, 5 j. en juin, 3 j. en juillet, 4 j. en août, 1 j. en septembre: le 7, qui est le dernier jour très chaud de l’année.

47 jours de gelée sous abri  (T. mini ≤ 0°)

nombre élevé et même légèrement supérieur à la normale, ce qui s’explique par la fréquence des nuits froides au cours du premier trimestre. Ces jours de gelée se répartissent comme suit: 16 j. en janvier, 10 j. en février, 11 j. en mars, 2 j. en avril, 2 j. en novembre, 6 j. en décembre. Le nombre de jours de forte gelée (mini ≤ ‒ 5°) n’est que de 2 seulement, observés en toute fin d’année: les 26 et 27 décembre. Quant à la dernière gelée de printemps, elle a été enregistrée le 8 avril (–1°).

5 jours avec chute de neige (ou pluie et neige):

3 j. en janvier, 1 en février, et 1 en mars;  il s’agit de chutes peu abondantes, la plus importante ayant donné une couche au sol de 3 cm (le 8 janvier).

9 jours avec orage ou tonnerre:

y compris les orages à distance (plus de 3 km). Ces manifestations orageuses sont éparpillées sur toute la période allant d’avril à octobre (3 orages dans le seul mois de juin); elles sont généralement d’intensité faible à modérée, et sont parfois accompagnées de fortes averses de pluie, mais qui n’atteignent pas le caractère «diluvien» ou torrentiel, comme ce fut le cas plusieurs fois au cours des années précédentes. Ces orages ne sont jamais associés, non plus, à des phénomènes «destructeurs» (chutes de gros grêlons, tornades) comme ceux qui se produisent de plus en plus souvent dans plusieurs régions de France, notamment en Aquitaine et dans certains départements du Sud-Est, et même en Corse.


Chez nous, les seules intempéries (relativement) fortes que l’on peut signaler en 2025, année plutôt sèche, se limitent aux fortes pluies (orageuses ou non), qui n’ont toutefois rien d’exceptionnel; on dénombre 20 jours avec une hauteur d’eau  ≥ 10 mm  en 24 heures (ce qui est dans une «bonne» moyenne), dont seulement 5 jours ayant dépassé les 20 mm. Les vents forts ont été peu nombreux chez nous cette année, et l’on ne compte que 3 jours où ils ont atteint ou dépassé la force de la tempête (vitesse maximale de plus de 100 km/h.): le 6 janvier, les 3 et 23 octobre, sans causer de dégâts notables, à part peut-être localement sur le littoral.

(*) Rappel: une hauteur d’eau de 1 millimètre correspond à 1 litre par mètre carré.

Par Alain Plumart,
Watten, le 23 janvier 2026

Résumés climatologiques annuels à télécharger (pdf)