Résumé climatologique de l’année à Watten, par Alain Plumart

Au terme de l’année 2019, on ne peut que constater, une nouvelle fois, que les bouleversements climatiques imputables  au réchauffement des océans et de l’atmosphère ont été associés, en France et dans bien d’autres pays ou continents, à une augmentation sensible, sinon du nombre, en tous cas de la violence des phénomènes extrêmes : canicules, sécheresse, inondations, cyclones… Chez nous, ce sont surtout les vagues  de chaleur torride estivales,  aggravant par endroits  une sécheresse prolongée, qui ont été remarquables. 

Résumé des données climatiques:

Moyenne des températures minimales (Tn): 7,24°C
Température minimale absolue: -7,6° (21/01)
Moyenne des températures maximales (Tx): 16,83°C
Température maximale absolue: 42,2° (25/07) record absolu régional
Température moyenne annuelle (Tn + Tx)/2: 12,03°C
Hauteur totale des précipitations: 810,9 mm
Moyenne sur la période 1981 – 2010: 795,0 mm
Nombre jours avec précipitations ≥ 0,1 mm: 192
Hauteur d’eau maximale sur 24 heures: 25,5 mm (04/11)

Si dans le Nord-Pas-de-Calais, la durée des périodes les plus chaudes a été un  peu moins longue qu’en 2018, et le nombre total de jours de chaleur également moins élevé, il faut remarquer que les périodes de forte chaleur, heureusement assez courtes, ont été particulièrement intenses; elles se sont produites à la fin du mois de juin,  dans la 3ème décade de juillet,  et encore à la fin  août; par contre, il n’y a pas eu de chaleur excessive en septembre.

On rappellera pour mémoire que le 25 juillet, un pic de chaleur «historique» a fait «sauter» tous les records, tant dans les Hauts-de-France qu’en région parisienne, en Normandie ou en Alsace, et même dans des pays voisins (Belgique, Pays-Bas, Allemagne), des maxima absolus supérieurs à 40° sous abri ayant été relevés ce jour-là; c’est la première fois que de telles valeurs ont été enregistrées dans nos régions «tempérées» depuis le début des relevés effectués par Météo-France! Les régions du Sud avaient encore fait mieux à la fin juin, avec un record absolu national atteignant 46° dans le Gard, le 28 juin.

Concernant la température moyenne annuelle, elle ne constitue pas de nouveau record, même si avec 12,03°, elle est un peu supérieure à celle de l’année précédente (12,00°)… ce qui est toujours bien au-dessus de la «normale». On n’a observé que 2 mois légèrement déficitaires en température moyenne : mai et novembre (-0,3°); janvier est pratiquement normal, et les 9 mois restants affichent un excédent généralement compris entre + 0,7° et +2°, mais qui atteint +2,7° en février!

Quant aux précipitations, en cette année où de nombreuses régions ont souffert d’une sécheresse persistante, souvent accentuée par les fortes chaleurs, l’extrême Nord, principalement la zone littorale, n’a pas connu de situation préoccupante puisque l’année se termine chez nous avec un léger excédent de précipitations (+2 % à Watten)!

Il a été enregistré, au cours de l’année écoulée, 6 mois déficitaires en eau: janvier, février, avril, mai, juillet et août (quantités variant entre 40 % et 95 % de la moyenne) ; septembre a connu une pluviométrie très proche de la normale, et les 5 mois restants: mars, juin, octobre, novembre et décembre, ont reçu des précipitations excédentaires, surtout les trois derniers avec chacun plus de 100 mm d’eau (359 mm pour le trimestre), tandis que le mois le plus sec (août) ne totalise que 24 mm.

Le nombre de jours avec précipitations ≥0,1 mm est, quant à lui, en forte augmentation par rapport à l’année précédente (192 jours contre 167), et redevient de ce fait très voisin de la normale; pas mal pour une année réputée sèche, mais pas partout! C’est en février que l’on compte le moins de jours pluvieux (9 j.), et en octobre que l’on en dénombre le plus (24 j.). 

Quelques données chiffrées supplémentaires

Il a été relevé, en 2019, au poste climatologique de Watten :

  • 51 JOURS DE CHALEUR  (T. maxi ≥ 25°): c’est nettement moins qu’en 2018 (63 jours: un record!), mais encore beaucoup plus que la moyenne régionale (une trentaine de jours), les périodes les plus chaudes n’ayant heureusement pas duré trop longtemps; le nombre de jours de forte chaleur (maxi ≥30°) reste toutefois très élevé (13 j.). La répartition mensuelle des jours de chaleur est la suivante: 2 jours en avril, 1 j. en mai, 11 j. en juin, 17 j. en juillet, 16 j. en août, et seulement 4 j. en septembre (dernier jour chaud: le 22/09). Les jours de forte chaleur ont été enregistrés en juin (5 j.), juillet (4 j.) et août (4 j.), parmi lesquels 5 jours avec maxima 35°: les 29/06, 23/07, 25/07, 26 et 27/08, comprenant donc la journée «infernale» du 25 juillet qui a pulvérisé tous les records, les 40° étant dépassés ce jour-là dans pas mal de régions, dont le Nord-Pas-de-Calais.

  • 40 JOURS DE GELÉE SOUS ABRI  (T. mini ≤0°), nombre qui reste inférieur à la moyenne régionale, les gelées, jamais très fortes (rarement inférieures à -3°), étant plus marquées en début d’année. La répartition des jours de gelée est la suivante: 12 j. en janvier, 7 j. en février, 0 j. (!) en mars, 5 j. en avril, 1 j. en octobre, 6 j. en novembre, 9 j. en décembre, mais dans toute l’année, il n’a été observé qu’un seul jour de forte gelée avec mini <-5°, le 21 janvier (-7,6°).

  • 6  JOURS  AVEC CHUTE DE NEIGE: tous dans la dernière décade de janvier; ces chutes de neige, généralement peu importantes, ont donné une couche au sol de 1 à 3 cm (jusqu’à 5 cm dans la nuit du 31/01 au 01/02), qui a persisté quelques jours, suffisamment pour causer pas mal de pagaille sur les routes du Nord de la France!

  • 11 JOURS  AVEC ORAGE OU TONNERRE, y compris les orages «à distance» (à plus de 3 km); cette fréquence est égale à celle de l’année précédente, mais l’on trouve assez peu d’orages durant la période la plus chaude (1 jour en février , 4 jours en juin, 3 jours en juillet, aucun en août, mais encore 3 jours en octobre!). D’intensité faible ou modérée, ces orages n’ont guère donné lieu à des phénomènes très violents, les plus actifs étant accompagnés de fortes averses de pluie, un seul ayant donné de la grêle à Watten (le 18/10); aucune tornade n’a été signalée dans la région.

    Enfin, concernant les jours de fortes pluies (≥10 mm), leur nombre, en hausse par rapport à 2018, atteint 21 jours (contre 17 l’année précédente); ces journées très pluvieuses ont été observées principalement en juin et au cours du dernier trimestre; à remarquer que les 20 mm d’eau en 24 heures n’ont été dépassés chez nous qu’une seule fois, dans la nuit du 4 au 5 novembre; c’est cette nuit-là qu’un véritable déluge s’est abattu sur la Côte d’Opale (plus de 50 mm à Boulogne-sur-Mer).

Quant aux vents forts, assez fréquents en février, mars et décembre, mais presque totalement absents durant toute la saison chaude, ils n’ont atteint que 2 fois la force de la tempête (vent maximal d’au moins 100 km/heure): les 4 et 10 mars.

Par Alain Plumart,
Watten, le 25 janvier 2020

Retrouvez tous les résumés climatologiques annuels à Watten d’Alain Plumart ici

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Mise à jour le:
28 mars 2020