Une première présence monastique

Lors de l’invasion des Francs, les Romains furent probablement refoulés à leur tour sur la rive gauche de l’Aa où ils continuèrent à séjourner.

La diversité des langages, parlés il y a encore peu de temps sur les deux rives de l’Aa, peut le laisser supposer. Les habitants de Watten eurent à subir à cette époque, de la part des Germains [1], les mêmes vicissitudes que tous les habitants du nord de la Gaule. En 831 le domaine agricole de Watten, appelé «Villa Guadannia», dépendait de l’abbaye de Centule, ou Saint-Riquier, située dans la Somme. En 874 une chapelle en l’honneur de Saint-Riquier fut établie au sommet du mont. En 881, envahissant le nord des Gaules, les Normands trouvèrent une ville florissante.

Watten fut saccagée à tel point que des débris jonchèrent le sol pendant près de deux siècles. Et c’est au milieu de colonnes tronquées, de tablettes de marbre brisées, de ruines envahies de broussailles et de couleuvres qu’arrivèrent les moines. Cette première présence monastique sera d’une importance capitale pour l’histoire de Watten. En 1013 le village de Watten appartenait à un seigneur du nom de Burgin. Un ermite, Alphume, né en 1045, s’était retiré dans les bois qui couronnaient le sommet de la colline. Il y avait construit une simple chapelle, dédiée à saint Riquier, entouré de quelques disciples. Cette chapelle, qui ne paraissait guère avoir d’avenir, sera pourtant à l’origine de l’implantation d’un important établissement religieux.

Vingt-sept ans plus tard, un prêtre étranger, Olfride, «sorti des limites orientales de la Flandre», choisit le mont de Watten, qu’il trouvait bien situé, pour y fonder un monastère. Sous la protection d’un homme riche et puissant du pays, le seigneur Adam, il commença par affranchir le lieu de la dépendance de l’abbaye de Bergues-Saint-Winoc. Puis il s’attira la bienveillance et la protection de l’autorité ecclésiastique ainsi que celle du pouvoir civil. Il put alors y accueillir, en 1072, trente chanoines de Saint-Augustin, venus du monastère de Saint-Gilles près de Liège. L’église de l’abbaye fut dédiée aux saints Nicolas et Riquier par l’évêque de Thérouanne, Drogon. Le seigneur Adam fit don des terres, d’argent et d’ornements d’église imité par le comte de Flandre, Robert le Frison. Ce dernier venait de remporter à Cassel sur le roi de France, Philippe Ier [2], une victoire qui lui assurait le pouvoir, jusque là contesté. Pour célébrer cet événement, il prit, à ses frais, l’entretien à perpétuité de trente chanoines. Cette tradition de générosité se perpétuera au sein de la dynastie flamande.

[1] Germains : nom donné par les Romains aux peuples de race teutonique, les mêmes que nous appelons aujourd’hui Allemands.

[2] Philippe Ier roi de France (1052-1108), fils d’Henri Ier et d’Anne de Russie, associé au trône en 1059, roi en 1060, d’abord sous la régence de Baudoin V de Flandre. Il associe dès 1099 son fils Louis VI le Gros à la couronne.


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Créé le:
3 mars 2017