Résumé climatologique de l’année 2018 à Watten, par Alain Plumart

Alors que les bouleversements climatiques liés au réchauffement général se multiplient,  avec leur cortège d’anomalies et de records, l’année 2018 n’a fait que confirmer cette tendance, ce qui amène pas mal de gens à se poser des questions, et même à s’inquiéter (tout de même!).

En France et dans une bonne partie de l’Europe, c’est surtout la chaleur qui aura tenu la «une» de l’actualité, l’année écoulée étant considérée, dans beaucoup de pays, comme la plus chaude jamais enregistrée depuis le début des relevés météorologiques réguliers (vers 1880);  petite exception pour l’extrême Nord de la France, où la température moyenne annuelle nous place (du moins à Watten) au 2ème rang ex-æquo depuis le début des mesures,  la 1ère place étant détenue par l’année 2014 (12,3° de moyenne annuelle).  A remarquer que, contrairement à ce que l’on a observé en 2017, ce sont les régions de la moitié Nord de notre pays qui comptent le plus de records de chaleur et d’ensoleillement, tandis que plusieurs départements de la moitié Sud ont subi  un grand nombre d’épisodes cévenols, donnant des orages violents accompagnés de pluies torrentielles et d’inondations catastrophiques. On commence à parler beaucoup de la nécessité de réduire les émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère (alors que leur concentration ne cesse d’augmenter!), mais il faudrait que tous les pays du monde «jouent le jeu», surtout les plus grands pollueurs; encore faut-il préciser que l’effet de telles mesures ne serait pas immédiat, car pour arriver à une réduction sensible des taux des principaux gaz responsables du réchauffement (dioxyde de carbone et méthane), il faudrait, selon certains scientifiques, pas moins de 2 à 3 siècles!

Pour en revenir aux données climatologiques concernant le secteur de Watten, on remarquera qu’en 2018,  année considérée comme très sèche dans de nombreuses régions,  la hauteur d’eau annuelle n’est déficitaire chez nous que de 10,5% environ, les 5 mois excédentaires en pluie équilibrant à peu près ceux qui ont une pluviométrie  inférieure à la normale;  parmi ces derniers,  il faut signaler l’extrême sécheresse du mois de juin: 0,5 mm de pluie, un nouveau record presque imbattable! La répartition,  pour les autres mois, donne:  5 mois nettement déficitaires en eau (février, juillet, septembre, octobre et novembre), avec des quantités comprises entre 25% et 70% de la normale, puis un mois pratiquement «normal» (décembre),  les 5 mois restants  (janvier, mars, avril, mai et août) ayant reçu des précipitations excédentaires, avec une quantité maximale de 104 mm en avril (plus du double de la normale :  un record pour ce mois),  l’excédent variant de 30% à 40% pour les autres mois. Le nombre annuel de jours avec précipitations mesurables (167) accuse, quant à lui, une nette diminution  par rapport  aux années précédentes,  et devient très inférieur à la moyenne trentenaire (191), ce qui reflète bien la grande sécheresse du début de l’été,  avec ce mois de juin «désertique» qui ne compte que 2 jours de (faible) pluie, les mois où l’on dénombre le plus de jours pluvieux étant janvier et mars (21 jours chacun).

Concernant  les températures, qui ont été les «vedettes» cette année,  et même si 2018 n’a pas battu de record pour la moyenne annuelle (à Watten), on ne s’étonnera pas de trouver, comme en  2017,  10 mois sur 12 excédentaires  en température moyenne;  les 2 mois présentant un net déficit thermique sont février (–2°) et mars (–1,2°), ce qui explique que la moyenne annuelle n’ait pas établi de nouveau record.  Pour les autres mois, plus chauds que la normale, l’écart se situe le plus souvent entre +0,2° et +2,2°,  mais il atteint +3° en avril et en juillet,  ce dernier mois, exceptionnellement chaud, même torride, ayant vu tomber pas mal de records. 

Quelques données chiffrées supplémentaires

Il a été relevé, en 2018, au poste climatologique de Watten :

  • 63 JOURS DE CHALEUR  (T. maxi ≥ 25°): il s’agit là d’un  record historique, qui laisse loin derrière le précédent: 48 jours en 2003, année de la célèbre canicule; on notera que les périodes chaudes ont commencé en avril, pour se terminer à la mi-octobre! La répartition de ces jours de chaleur est la suivante:  5 jours en avril, 8 j. en mai,  5 j. en juin,  24 j. en juillet,  12 j. en août,  5 j. en septembre,  4 j. en octobre.  Les jours de forte chaleur (maxi  ≥30°)  sont au nombre impressionnant de 17, soit  1 jour en mai, 12 j. en juillet, et  4 j. en août, dont 3 jours dépassant les 35°: les 26 et 27 juillet, et le 7 août, avec un record absolu à 37,7° le 27/07: du jamais vu!

  • 43 JOURS DE GELÉE SOUS ABRI  (T. mini ≤0°),  nombre inférieur à la moyenne régionale,  mais néanmoins supérieur à celui de l’année 2017,  en raison d’une période froide tardive mais assez marquée, sur fin février – début mars.  La répartition des jours de gelée est la suivante:  4 jours en janvier, 18 j. en février, 8 j. en mars, 5 j. en novembre, 8 j. en décembre; on ne compte que 5 jours avec forte gelée (mini  ≤‒5°):  3 en février, et 2 en mars, le minimum absolu de l’année  (‒9,1°) se rapprochant de la limite du «grand froid».

  • 3  JOURS  AVEC CHUTE DE NEIGE:  2 jours en février (les 9 et 28) et 1 en mars (le 2), + 5 autres jours où les chutes ont été limitées à des «traces» ou à quelques flocons ; dans tous les cas, l’épaisseur de la couche au sol n’a jamais dépassé 1 cm.

  • 11 JOURS  AVEC ORAGE OU TONNERRE, en y incluant les orages «à distance» (plus de 3 km); ces orages, relativement peu nombreux chez nous en cette année pourtant très chaude, ont été en général faibles à modérés;  c’est en mai que les manifestations orageuses ont été les plus fréquentes (4 jours), et l’on remarquera leur absence totale après le mois d’août. Les orages des 29 et 31 mai sont les seuls  pouvant être qualifiés d’assez forts,  accompagnés d’abondantes  averses de pluie (plus de 20 mm à chaque fois), et même de grêle pour le second.

Enfin, concernant les jours de fortes pluies, on notera que leur nombre est nettement inférieur à celui des années précédentes: normal en cette année relativement sèche!  Ce nombre, pour les précipitations ≥10 mm, est de 17 jours en 2018,  pour une moyenne régionale de 22 jours; on n’a enregistré que 5 jours avec plus de 20 mm d’eau, dont un seul dépassant 30 mm :  le 30 avril, lors d’une pluie continue de longue durée, non orageuse.

Quant aux tempêtes, considérées comme telles  lorsque les vents maximaux atteignent ou dépassent les 100 km/ heure, on en a observé deux en début d’année: baptisées «Eleanor» (le 3 janvier) et «David» (le 18 janvier), elles n’ont guère causé de très gros dégâts dans la région.

Par Alain Plumart,
Watten, le 25 janvier 2019


Données climatiques de l’année précédente

Moyenne des températures minimales (Tn): 7,30°C
Température minimale absolue: -9,1° (27/02)
Moyenne des températures maximales (Tx): 16,69°C
Température maximale absolue: 37,7° (27/07) record absolu
Température moyenne annuelle (Tn + Tx)/2: 12,00°C
Hauteur totale des précipitations: 712,0 mm
Moyenne sur la période 1981 – 2010: 795,0 mm
Nombre jours avec précipitations ≥ 0,1 mm: 167
Hauteur d’eau maximale sur 24 heures: 36,1 mm (30/04) record pour avril

 

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Mise à jour le:
19 mars 2019