Une industrie basée sur : la tuilerie, la filature, et les chantiers de bateaux

Le moulin à vent destiné à moudre le grain sur la « montagne » fonctionna de 1731 à 1930; le dernier meunier fut M. Rémy Willier. Ce ne fut pas le seul moulin à vent. Il y en eut un en bois rue de Millam et un autre en maçonnerie rue de Saint-Omer. Un moulin à vapeur fonctionnait au pont de Houlle. Il s’arrêta en 1890.

C’est dans les installations de cette ancienne minoterie, au pont de Houlle, que M. Dedours établit en 1893 une centrale électrique, premier réseau d’électricité privé de la région. En 1905, les installations furent reprises par la Société Béthunoise et la centrale transformée en tannerie. La familiale Delaplace exploitait à Loverstel, avant 1900, une vannerie qui avait comme clients des cultivateurs de Watten et des environs. Jusqu’en 1898, la famille Guilleman était renommée pour la fabrication des chaises effectuées entièrement à la main. La dernière entreprise fut celle de M. Deduytsche qui portait comme enseigne «A la chaise noire». Plusieurs tonnelleries étaient spécialisées dans la fabrication des fûts de brasserie, barattes, seaux, cuves et exportaient dans toute la région.

Aux environs de 1900, le principal chantier de construction et réparation de bélandres, péniches, escutes [1], bacoves, était celui de la Société Anonyme des Chantiers de la Colme, concurrençant les autres chantiers (Hénon, Morette, Fortry) établis sur la rivière de l’Aa en amont de Watten. Dans les bâtiments abandonnés par les Tanneries Lanvin, M. Thumerel de la Bassée ouvrit, en 1908, une galocherie. Reprise par M. Looten, cette industrie cessa en 1950. Il a existé, également, une autre galocherie, celle de M. Chaumette. Entre 1900 et 1940, M. Félix Duriez exploita une sécherie de chicorée.

Jusqu’en 1893, la moutarde était fabriquée sur place à l’usage des épiciers locaux. Une fabrication de friandises, dénommées localement «Cavés» [2], était exploitée par Henri Stoclin, rue de Dunkerque. Entre 1873 et 1890, M. Willay fabriquait du cirage. Vers 1873, M. Hannequin établit une corderie. Le chanvre en provenance de Russie, via Dunkerque, arrivait brut par la barque. Il fallait le préparer (peignage, filage) avant de la livrer en corde. Les expéditions ne dépassaient guère la région de Saint-Omer-Bourbourg. L’atelier ferma ses portes en 1907 par suite de l’ouverture d’usines plus importantes. Quelqu’un disait «Plus de bière pour les Flamands, c’est la dernière des privations!» Les brasseries y étaient donc particulièrement prospères. Six entreprises y fonctionnaient en même temps. La Maison Persyn fut la dernière à brasser. Les industries les plus importantes furent surtout la Filature Vandesmet, qui fonctionna de 1852 à 1977, et les Tuileries du Nord et du Pas-de-Calais de 1912 à 1960.

[1] Escute : barque légère à la proue effilée, peu stable et servant au transport des personnes. Bacove : bateau pour le transport des marchandises, du matériel agricole et des attelages.

[2] Sorte de bonbons durs de couleur brune faits avec de l’eau, du sucre en poudre et un peu de beurre, auxquels on ajoutait une cuillerée de vinaigre, et qu’on utilisait en prenant du café.


La Révolution industrielle et les progrès des voies de communication

En 1813, Watten comptait 1042 âmes, puis en 1866, 1311 habitants, en 1881, 1735 et, en 1900, 2113.

L’industrie s’y développe alors en raison des facilités de communications extérieures. Au début du siècle, la population de Watten, qui avait pour hameaux Loverstel et Wattendam, s’est quasiment renouvelée.  Les descendants des anciens habitants sont rares. Aussi, le français, seule langue apprise dans les écoles, a succédé au flamand parlé autrefois dans la presque totalité des familles. Pour permettre le changement de niveau des bateaux à destination de Bergues puis de Dunkerque, on utilisait le dam ou écluse de Watten, nommée Wattendam (dam, digue, Watten, de Watten) ou «overdrach» de Watten (overdrach, transport). C’est l’ancêtre des modernes écluses et ascenseurs maritimes. Il n’y a pas de porte mais seulement des bajoyers [1] en bois. Il consiste essentiellement en un double plan incliné en bois, que l’on faisait franchir par le bateau, en le tirant par un câble manœuvré par un cabestan, actionné, soit par une roue à chevilles, soit par un manège à chevaux ou (peut-être) à chiens, ou par moulin à eau comme ce fut le cas à Wattendam.

Un grand nombre d’usines familiales et d’industries (aujourd’hui disparues) se créent à cette époque: vers 1860, M. Landeau exploita le sous-sol wattenais, constitué par de l’argile, la «clite», en créant une pannerie-briqueterie [2] qui assurait aussi la fabrication des drains et des poteries. L’usine ferma en 1893. Il sera, également, propriétaire d’un four à chaux. La matière première provenait des marnières [3] de Houlle et arrivait par bateaux. La chaux était revendue aux maçons de la région. Vers 1875, Emile Lanvin-Schraen fonda à Watten (hameau de Wattendam) une tannerie qui réussit à se placer en tête des autres entreprises françaises. Il avait obtenu le marché de fournitures des équipements militaires de deux corps d’armée. Il fournissait également les bottes des égoutiers de Paris. L’affaire subit, toutefois, une crise financière. Les frères Maillard, qui avaient des intérêts dans l’entreprise, la reprirent en 1903. M. France Maillard en assura la direction avec un technicien, Charles Haas. L’usine ferma définitivement ses portes en 1906. Entre 1850 et 1893, une raffinerie de sel fut exploitée rue du Bailly par M. Duriez-Semette.

[1] Nom de chacun des deux massifs qui forment les parties latérales d’une écluse.

[2] Panne : tuile sans emboîtement en forme de S.

[3] Carrière d’où l’on tire la marne, masse terreuse composée d’argile, de carbonate de calcium et quelque fois de sable.


Des Jésuites anglais à la Révolution française

En 1763, les jésuites anglais quittent le monastère qu’un visiteur décrit à l’époque en termes enthousiastes.

L’édifice, de construction récente, comprenait une riche chapelle dite de «l’Ange Gardien» avec quatre autels, une salle de fêtes réservée aux séances académiques, de spacieuses salles d’études et de récréations, des classes et des dortoirs parfaitement aménagés, une brasserie, une boulangerie, une cordonnerie, une lingerie, un magasin d’habillement pour maîtres et élèves, une menuiserie, un atelier de charpenterie et même une pharmacie.

La pension ne coûtait que 20 livres sterlings (ce témoin ne nous renseigne pas, il est vrai, sur les cours du change). Le collège abritait plus de cent internes répartis en trois sections: anglaise, flamande et française. Les jésuites seront remplacés jusqu’en 1768 par des prêtres de la mission anglaise, qui tombèrent en désaccord avec l’évêque de Saint-Omer au sujet de la possession des biens de l’ancien monastère. Le procès, porté devant la Conseil d’Etat le 12 mai 1766, se terminera en 1769 en faveur de l’évêque de Saint-Omer reconnu, par arrêt du Parlement, seul propriétaire du monastère. Pour éviter des dépenses nécessitées par les réparations, il fit démolir tous les bâtiments du monastère, la tour exceptée, et les murailles qui formaient le jardin. Avec les matériaux de démolition, il se fit construire une maison de campagne et une ferme.

Les biens du monastère resteront rattachés à l’évêché de Saint-Omer jusqu’à la Révolution française qui l’en dépossédera. Les bâtiments qui subsistaient sur l’emplacement de l’ancien monastère furent vendus comme biens nationaux sous le nom de «château provenant de l’évêché de Saint-Omer» le 22 décembre 1792. C’est au tour de la Terreur [1] de s’installer dans le Pas-de-Calais et le Nord. Les nouveaux acquéreurs de Sainte-Marie-du-Mont voulurent, après la Révolution, démolir la tour de l’église du monastère conservée par l’évêque de Saint-Omer, Hilaire de Conzié, mais défense leur en fut faite par l’autorité administrative. Acquise par le gouvernement en 1822, en même temps que le terrain qui la supporte, cette tour servait, dit-on, de point de repère aux navigateurs. On l’aperçoit de loin avec le vieux moulin qui faisait aussi partie de l’abbaye.

Depuis le décret du 15 janvier 1790, Watten fait partie du département du Nord et du canton de Bourbourg: elle a perdu le titre de ville que ses administrateurs n’ont pas cru bon devoir lui faire reprendre, certainement parce qu’il aurait dû en coûter quelque argent. Watten n’est plus alors qu’un bourg avec son conseil municipal, son maire, son adjoint, son percepteur, son garde-champêtre, le 9 novembre 1800 (18 Brumaire, An V), un coup de vent renversa la flèche élégante qui surmontait la tour de l’église paroissiale et qui n’a jamais été reconstruite.

[1] Période de la Révolution qui s’étend de mai 1793 au 27 juillet 1794 et pendant laquelle le gouvernement révolutionnaire, pour lutter contre l’ennemi extérieur et réduire les adversaires de l’intérieur, instaura un régime dictatorial.


Une position stratégique dans la conquête de la Flandre

Le monastère de Watten, fortifié, offrait une excellente position militaire. C’était à qui s’en emparerait le premier. Pendant cette longue période de guerre civile, Watten et son monastère seront pris et pillés nombre de fois.

En 1566, les “Gueux” [1], désignés sous le nom de «briseurs d’images», entrèrent à leur tour à Watten saccageant la ville et l’église de la prévôté. En 1570, le monastère fut rattaché au nouvel évêché de Saint-Omer par une bulle [2] du pape Pie IV. En 1579, François de la Noue, chef français et protestant, y logea plusieurs fois, y plaçant des garnisons. Il finit par y mettre le feu. Jean de Vernon, évêque de Saint-Omer, fit reconstruire, en 1592, une partie des bâtiments du monastère qui seront occupés vers 1600 par des jésuites anglais. Ils reçurent en propriété, en 1608, les terrains du monastère, ainsi que ceux du comté d’Holque, leur permettant d’ouvrir un pensionnat et un noviciat qui existèrent jusqu’à la dissolution de l’Ordre en 1764.

Pendant bon nombre d’années, Watten appartint alors, tantôt à l’Espagne, tantôt à la France, qui se partageaient tour à tour la domination en Flandre. En 1638, les Français, conduits par le lieutenant-général de Hallier, s’emparèrent de Watten. Gaston d’Orléans, voulant conserver ce poste (alors que l’armée française assiégeait Saint-Omer), fit rétablir les fortifications sur la hauteur et en éleva d’autres autour de l’église paroissiale. Mais, dans la nuit du 3 au 4 juin, le général espagnol, comte de Fontaine, attaqua et reprit la ville. Les Espagnols inondèrent tout le pays de Watten à Saint-Omer, dont ils avaient entrepris le siège, en établissant un long barrage au «défilé» de Watten. La ville et le fort placé au haut de la côte restèrent espagnols jusqu’au 10 août 1643, jour où le maréchal de Gassions’en empara à son tour. Profitant de l’absence des partisans français répandus dans les environs pour «faire du butin», les Espagnols reprennent la ville qui sera assiégée par le maréchal un an plus tard. Ce ne fut qu’après deux jours d’assaut que les fortifications purent être enlevées. Trois ans après, Watten retombait aux mains des Espagnols qui rasèrent les fortifications en 1650.

En 1657, Turenne, voulant refouler les Espagnols sur Dunkerque, logea au monastère et y établit un camp. On peut encore voir des traces de ce passage telles que des levées de terre et des tranchées-abris. Puis, Turenne se dirigea sur Mardyck dont il s’empara pour le livrer aux Anglais. A la paix des Pyrénées [3], en 1659, Watten fut rendue à l’Espagne jusqu’au 26 février 1677, date à laquelle le régiment du marquis de Villars l’occupera de nouveau, cette fois définitivement. Watten sera, en effet, réunie à la France par le Traité de Nimègue en 1678.

[1] Surnom donné aux nobles des Pays-Bas qui demandaient l’abolition de l’inquisition et voulaient atténuer les rigueurs contre l’hérésie protestante. Le Duc d’Albe, envoyé par Philippe II, sévit avec une extrême sévérité.

[2] On a d’abord appelé bulle la petite boule de plomb que l’on attachait aux sceaux des actes pour leur donner un caractère authentique. Ce terme désigne actuellement certains actes actes de papes et de quelques conciles.

[3] Traité qui termina les hostilités entre la France et l’Espagne (7 novembre 1659). Il donnait à la France notamment l’Artois, Gravelines, le Roussillon…


De nombreux conflits et le déclin de l’abbaye

En 1378, Watten, réunie à la châtellenie de Cassel, acquiert le privilège de la fabrication des draps, c’est dire l’importance de cette ville.

En 1382, Charles VI, roi de France, défait à Roosebecke les Flamands révoltés. L’année suivante, ayant acquis la certitude qu’ils envahissaient de nouveau la région, il entra une fois de plus en Flandre, sans rencontrer de résistance, poussa jusqu’à Bergues et Bourbourg, qu’ils détruisit par le fer et le feu, faisant subir le même sort à Watten. Les habitants furent accueillis à Saint-Omer. La guerre finie, ils rebâtirent leur ville qui ne retrouva plus jamais la même importance.

Dès l’année 1423, le seigneur de Watten, Colard de Commines, rallume les querelles entre les habitants de Watten et de Saint-Omer, au sujet du rétablissement du marché hebdomadaire, privilège accordé uniquement aux villes. «Le magistrat de St.-Omer prétendit que l’établissement du marché était une innovation très-préjudiciable aux intérêts des habitans de sa ville, versant au trésor une aide annuelle de plus de 2000 tournois , tandis que ceux de Watten ne payaient rien, le seigneur de Watten répondit: en son nom et en celui de la commune, que l’on ne faisait que rétablir ce qui existait avant la guerre a laquelle était due l’interruption du marché. Le magistrat de St-Omer obtint en 1427 de Henri VI d’Angleterre, comme roi de France, une défense formelle de continuer la tenue du marché en discussion. Cette décision ne fut cependant pas définitive ; et une enquête fut encore faite un an après , pour le même sujet, par les ordres du bailli d’Amiens et du prévôt royal de Montreuil. Les habitans les plus âgés de la commune de Watten déclarèrent sous la foi du serment que, de temps immémorial, ils avaient connu un marché dans leur ville. Après de longues contestations, le marché fut enfin établi; il y fut ajouté deux foires annuelles que Charles-Quint confirma ainsi que le marché.» [1]

Cornil d’Eechout, seigneur de Watten, approuva l’institution d’une compagnie d’archers en 1428 sous le patronage de saint Sébastien. Des privilèges lui seront accordés par Philippe le Bon, duc de Bourgogne. Cette société existe encore sous le nom de «Guillaume Tell». Une guerre étant survenue entre les Flamands et les Anglais, Watten eut à souffrir de nouveau de cette lutte: monastère entièrement détruit par les Anglais, église abattue. Une trêve entre les belligérants, en 1437, permit au prévôt de les reconstruire en trois ans. En 1477, lors du siège de Saint-Omer par les armées de Louis XI, Watten dut supporter les brimades des soldats français. Les dégâts commis furent considérables. il en fut ainsi pendant près d’un siècle, surtout lors des guerres d’indépendance et de religion dans les Pays-Bas, sous le règne du fanatique Philippe II d’Espagne.

[1] Extrait des Mémoires de la société des Antiquaires de la Morinie, Tome 4, 1837-1838, Notice historique de Watten, p. 137.


Un renouveau religieux dans la Flandre Maritime

En 1097, le sanctuaire est placé sous le nouveau vocable de Notre-Dame par Lambert de Guines, évêque d’Arras.

La mère de Robert le Frison, la douairière [1]. Adèle, fille de Robert, roi de France, y posa la première pierre. Robert II de Jérusalem vint visiter la prévôté [2], y laissant de précieuses reliques rapportées de Terre Sainte. Thierry d’Alsace, comte de Flandre, fit de ce monastère, restauré par ses soins, son séjour préféré. Il y sera enseveli après sa mort, survenue, le 17 janvier 1168, à Gravelines. Le monastère reçut, également, la visite du célèbre martyr anglais, saint Thomas Becket. L’abbaye Sainte-Marie-du-Mont, appelé encore Notre-Dame-de-Watten, sera successivement sous la juridiction de vingt-neuf prévôts ou abbés. C’est du XIIIe siècle, vers 1236, que date la première église paroissiale dédiée à saint Gilles. Watten, objet autrefois de pèlerinages en renom, a conservé une vénération particulière pour ce saint.

Pendant les quatre siècles qui suivirent, jusqu’au traite de Nimègue (1678), Watten dut subir les discordes et les guerres incessantes opposant les comtes de Flandre, les Anglais, les Espagnols et les rois de France. En 1296 et 1297, Philippe le Bel envahit la Flandre par deux fois. De son côté, Robert II, comte d’Artois, attaqua Watten, et s’en empara. C’est là qu’il reçut le serment de fidélité au roi de France des députés de Bergues et de Bourbourg. Près de deux milles flamands furent défaits par les français de Miles X de Noyers lors d’une bataille qui eut lieu le 26 décembre 1302, au pied de l’abbaye fortifiée. En 1315, le comte Robert de Béthune donna à la ville de Watten une organisation municipale. Auparavant, le seigneur de Watten, tout à la fois chef militaire et civil, prélevait, à sa guise, les tailles sur les produits du sol. En 1318, le premier échevin prit le nom de mayeur, qui sera appelé plus tard bourgmestre.

[1] Adèle (morte vers 1080), fille de Robert Le Pieux, épouse de Baudoin V de Flandre. Douairière : venue de famille royale

[2] Le mot prévôt a d’abord été employé pour désigner toute personne ayant une autorité, laïque ou ecclésiastique. Par la suite, ce titre servit principalement à désigner divers magistrats civils, et judiciaires. La prévôté était la désignation de cette fonction ou le territoire où s’exerçait cette juridiction.


Une première présence monastique

Lors de l’invasion des Francs, les Romains furent probablement refoulés à leur tour sur la rive gauche de l’Aa où ils continuèrent à séjourner.

La diversité des langages, parlés il y a encore peu de temps sur les deux rives de l’Aa, peut le laisser supposer. Les habitants de Watten eurent à subir à cette époque, de la part des Germains [1], les mêmes vicissitudes que tous les habitants du nord de la Gaule. En 831 le domaine agricole de Watten, appelé «Villa Guadannia», dépendait de l’abbaye de Centule, ou Saint-Riquier, située dans la Somme. En 874 une chapelle en l’honneur de Saint-Riquier fut établie au sommet du mont. En 881, envahissant le nord des Gaules, les Normands trouvèrent une ville florissante.

Watten fut saccagée à tel point que des débris jonchèrent le sol pendant près de deux siècles. Et c’est au milieu de colonnes tronquées, de tablettes de marbre brisées, de ruines envahies de broussailles et de couleuvres qu’arrivèrent les moines. Cette première présence monastique sera d’une importance capitale pour l’histoire de Watten. En 1013 le village de Watten appartenait à un seigneur du nom de Burgin. Un ermite, Alphume, né en 1045, s’était retiré dans les bois qui couronnaient le sommet de la colline. Il y avait construit une simple chapelle, dédiée à saint Riquier, entouré de quelques disciples. Cette chapelle, qui ne paraissait guère avoir d’avenir, sera pourtant à l’origine de l’implantation d’un important établissement religieux.

Vingt-sept ans plus tard, un prêtre étranger, Olfride, «sorti des limites orientales de la Flandre», choisit le mont de Watten, qu’il trouvait bien situé, pour y fonder un monastère. Sous la protection d’un homme riche et puissant du pays, le seigneur Adam, il commença par affranchir le lieu de la dépendance de l’abbaye de Bergues-Saint-Winoc. Puis il s’attira la bienveillance et la protection de l’autorité ecclésiastique ainsi que celle du pouvoir civil. Il put alors y accueillir, en 1072, trente chanoines de Saint-Augustin, venus du monastère de Saint-Gilles près de Liège. L’église de l’abbaye fut dédiée aux saints Nicolas et Riquier par l’évêque de Thérouanne, Drogon. Le seigneur Adam fit don des terres, d’argent et d’ornements d’église imité par le comte de Flandre, Robert le Frison. Ce dernier venait de remporter à Cassel sur le roi de France, Philippe Ier [2], une victoire qui lui assurait le pouvoir, jusque là contesté. Pour célébrer cet événement, il prit, à ses frais, l’entretien à perpétuité de trente chanoines. Cette tradition de générosité se perpétuera au sein de la dynastie flamande.

[1] Germains : nom donné par les Romains aux peuples de race teutonique, les mêmes que nous appelons aujourd’hui Allemands.

[2] Philippe Ier roi de France (1052-1108), fils d’Henri Ier et d’Anne de Russie, associé au trône en 1059, roi en 1060, d’abord sous la régence de Baudoin V de Flandre. Il associe dès 1099 son fils Louis VI le Gros à la couronne.


Une position militaire antique

La situation géographique de Watten a été pour elle une cause déterminante de grandeur et de prospérité. a situation géographique de Watten a été pour elle une cause déterminante de grandeur et de prospérité. 

Placé à la frontière de la Flandre et de l’Artois et des départements du Nord et du Pas-de-Calais, ce «col» de la vallée de l’Aa, resserré entre deux collines couvertes de forêts, forme un passage naturel, «porte» de la plaine maritime flamande vers Saint-Omer et l’intérieur de la Flandre

Placé à la frontière de la Flandre et de l’Artois et des départements du Nord et du Pas-de-Calais, ce «col» de la vallée de l’Aa, resserré entre deux collines couvertes de forêts, forme un passage naturel, «porte» de la plaine maritime flamande vers Saint-Omer et l’intérieur de la Flandre. Le nom de Watten pourrait venir du flamand: WAETEN, GAETE, GAT, que l’on peut rapprocher de l’origine saxonne et anglaise: WADE, GATE. Jusqu’au VIIe siècle, la mer du Nord couvrait l’ensemble du pays que forme aujourd’hui la plaine maritime flamande.

Saint-Omer, appelé alors Sithiu, se trouvait au fond d’un golfe. La côte descendait de Guines par Ardres et Audruicq, fléchissait jusqu’à Watten et repartait sur Bergues, Hondschoote, Loo, Dixmude, en longeant le pied des «monts» de Millam, de Merckeghem, de Looberghe. Pour se rendre à Saint-Omer par voie d’eau (la seule praticable, puisque toutes les terres émergées étaient couvertes de forêt), il fallait obligatoirement passer entre le promontoire d’Eperlecques et celui de Watten. La présence, au fond de la vallée, de la rivière de l’Aa, sera un élément primordial pour l’essor de Watten.

Le «col» de Watten était alors un détroit marin; la “Montagne”, haute de 72 mètres, commandait ce passage. Celui qui y était établi surveillait à sa guise les allées et venues entre Saint-Omer et le large. Ce plateau élevé, un des premiers lieux habités de nos contrées vit se succéder les Gallo-Celtes [1], puis les Morins, et, plus tard, la peuplade germanique des Ménapiens. A l’arrivée des Romains, ces peuplades furent refoulées sur la rive droite de l’Aa, qu’elles défendirent avec acharnement pendant deux années. Elles succombèrent toutefois et subirent la loi de leurs vainqueurs. Watten offrait aux Romains une position militaire non négligeable. Après y avoir placé un camp, ils établirent une forteresse autour de laquelle se groupèrent quelques habitations. La ville gallo-romaine plantée sur la hauteur de Watten eût une certaine importance. Une chaussée la reliait à Cassel, centre de la domination des légions en Morinie.

[1] Gallo-Celtes: nom des anciens Gaulois et de quelques autres peuples de même race. Morins : peuple de l’ancienne Belgique cantonné la long de la mer. Ménapiens : peuple gaulois habitant les bouches d’Escaut, de la Meuse et du Rhin.


La salle des Pompiers

Rue Saint-Antoine 59143 Watten plan

Construite en 1863, la Salle des Pompiers accueille dès 1923 un cinéma muet accompagné d’un phonographe pour diffuser de la musique [1].

En 1927, le cinéma déménage mais revient en 1930 où il vivote avec le matériel vieillissant de l’ancien propriétaire. De 1936 à 1939 le cinéma parlant investit la salle qui pouvait contenir jusqu’à 250 places. Il existait deux cinémas à Watten: l’Ideal Cinéma dans la Salle des Pompiers, et le Cinéma Familial dans la Salle Saint-Gilles.

Les projections reprennent en 1941, mais une grande partie des films projetés durant l’occupation étaient réalisés par les allemands, comme le film « Chora-Tery », avec en vedette Marika Rock. Les actualités étaient projetées avec les lumières allumées, afin d’éviter les réactions hostiles du public.

Les projections recommencent à la Libération, après une année de pause, avec la diffusion de films tels que « La Libération de Paris » ou la « Bataille de Stalingrad ». En 1954 le cinéma diffusait des films tels que « L’homme tranquille » avec John Wayne. La salle était chauffée, et les séances avaient lieu le samedi à 20h30 et le dimanche à 16h30 et 20h30. Le cinéma de la Salle des Pompiers ferme en 1966.

[1] Source : bulletin des Amis du Vieux Watten et de sa Région, n°31, mars 1997


Institution du Sacré-Coeur école et collège

31 rue du Bailly 59143 Watten plan

L’institution du Sacré-Cœur rue du Bailly a été fondée en 1885 et longtemps dirigé par les frères maristes, ce fut aussi un pensionnat. Les bâtiments abritent aujourd’hui le collège du Sacré-Cœur et l’école Notre Dame du Mont (classes primaires).


Ecole de l’Institution du Sacré-Cœur

Mme Storck, Directrice de l’école
Tél. : 03.21.88.29.45
primaire@sacrecoeurwatten.fr
Page Facebook

Ecole qui accueille les enfants dès 2 ans

Horaires garderie : à partir de 7h30 – Horaires étude : 16h45-18h00


Actualités:


Agenda:


Collège de l’Institution du Sacré-Cœur

Mme Delhaye, Directrice du collège
Tél. : 03.21.88.29.45
direction@sacrecoeurwatten.fr
Page Facebook


Actualités:


Agenda:


Ecole maternelle Paul Brachet et René Drila

Ecole maternelle Paul Brachet

1 rue de la Victoire 59143 Watten plan
Mme Dhaine, Directrice
Tél. : 03.21.88.03.59
ce.0595481m@ac-lille.fr  
Site internet

Horaires: de 8h40 à 12h00 et de 13h35 à 16h15

Le groupe scolaire Paul Brachet (maire de Watten de 1945 à 1950), rue de la Victoire, a été bâti dans les années 1950. Il était autrefois Ecole de garçons comme l’indique encore sa façade où figurent les armes de Watten puis il devint collège avant la construction du collège J.Prévert. Il abrite aujourd’hui l’enseignement maternel public et l’école de musique intercommunale.


Ecole maternelle René Drila

4-6 allée des Roses 59143 Watten plan
Mme Vasseur, professeur
Tél. : 03.21.88.85.41
ce.0595481m@ac-lille.fr Site internet

Horaires: de 8h40 à 12h00 et de 13h35 à 16h15


Actualités:


Agenda:



Renforcement des mesures de sécurité des établissements scolaires

nord.gouv.fr

L’arrêt et le stationnement des véhicules devant et à proximité des établissements scolaires, y compris pour y déposer les enfants, est interdit, afin d’éviter toute attroupement préjudiciable à la sécurité des élèves. Vous devez vous garer à distance de l’établissement et déposer vos enfants à pied jusqu’à l’entrée où votre enfant sera pris en charge.


Association Locale ADMR de Watten et ses environs

Siège: 30 rue de Saint-Omer 59143 Wattenplan

Créée en 1945, l’ADMR est un réseau d’associations ayant pour mission de répondre aux besoins des familles et de créer de véritables emplois de proximité.

NACINOVI Jean-Pierre (Président)
NACINOVI Valérie (Responsable de secteur)
Tél. : 03.21.88.35.32 – Fax : 03.21.98.82.28
contact.watten@fede59.admr.org
Site internet

Ouverture au public: lundi, mardi, jeudi et vendredi de 9h00 à 12h00

Continuer la lecture de « Association Locale ADMR de Watten et ses environs »

Centre communal d’action sociale (CCAS)

Le CCAS anime une action générale de prévention et de développement social dans la commune en liaison avec les institutions publiques et privées. Il est de ce fait l’institution locale de l’action sociale par excellence:

Composition (juin 2020):

Le CCAS est présidé de plein droit par le maire de la commune. Son conseil d’administration est constitué paritairement d’élus locaux désignés par le conseil municipal et de personnes qualifiées dans le secteur de l’action sociale, nommées par le maire.

DESCHODT Daniel, Président
DUCROCQ Joël
GARCIA Stéphanie
BECQUET Bernadette
MARQUANT Gézabelle
VERMEERSCH Francis
QUESTIER Anne-Marie
ROUSSELLE Anne
VANPOPERINGHE Bernard
CHARLEMAGNE Dominique
BINET Rebecca
FENET Monique
HINZ Jean
SCOTTE Sandra
PLUMART Alain
WUYTS Lydie
BEYAERT Micheline